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Perfume Genius : Take Me Home & Put Your Back N2 It

Perfume Genius aka Mike Hadreas a dévoilé sa nouvelle vidéo Take Me Home tirée de Put Your Back N 2 it, son deuxième album après Learning, en 2010. Rugueux et sensuel à la fois, sa musique est profonde et ses mélodies brumeuses à souhait, nocturnes et rêveuses. Perfume Genius à la poésie dans le sang et l’âme pleine de fêlures qui lui servent à créer ces douze pistes aux textures enivrantes.

Auteur compositeur de Seattle, sa musique vénéneuse est un mixte doux de Sufjan Stevens et d’Antony Hegarty. Toujours dans la veine intimiste, au piano, il a ajouté quelques autres instruments à ses compositions comme la batterie ou la basse qui résonnent dans No Tear ou Hood, petits trésors d’harmonies poétiques.

Rien d’étonnant à ces nouvelles instrumentations, alors que son premier album était auto-produit, celui s’offre les services de Drew Morgan (Ellliott Smith) et de John Goodmanson (Deathcab For Cutie, Los Campesinos).

Tantôt shoegaze, tantôt ballade acoustique où le piano prend toute sa place, sa musique est portée par sa voix troublante et poignante, comme sur Put Your Back N2 It :

Triste par moment, sa mélancolie au poing ne lui sert qu’à armer les gens face aux aléas de la vie et jamais à se complaire dans une mélodramatique tension.

Surréaliste dans ses mélodies, figuratif dans ses sujets, il n’est rien de reconnaître que Perfume Genius sait mettre en collage ses états d’âme et les offrir comme des petites perles de lyrisme créatif et expérimental, comme sur Awol Marine.

Partant du chaotique, il remet de l’équilibre avec sa musique. Comme un funambule, il traverse ses chansons, de manière poignante, douloureusement, mais esthétiquement avec ses entrailles. Perfume Genius, c’est un souffle dangereux qui vous fait vous regarder en face, ayant l’art de pointer du doigt les blessures et d’enfoncer son doigt dans la plaie béante avec délicatesse et sans excès.
Sous les blessures, il met en lumière son propre halo lumineux, défaisant ses traumas pour en construire des mélodies d’où la grâce sombre est intense comme sur Sister Song.

Les sujets graves sont nombreux et aucun n’est un tabou pour lui. Ainsi, il aborde les abus subis par sa mère dans Dark Parts

Lorsque Floating Spit traite des addictions aux drogues

alors que Take Me Home explore la prostitution et le besoin d’amour

Tandis que 17 parle des ravages que l’on peut se faire à soi-même

Quant à Dirge, il mets en lumière un poème de 1921.

Mike Hadreas ne se cache pas de sa sexualité et souvent, il aborde ce thème en filigrane, délicatement. Car avant d’être gay, il est simplement lui, un individu qui apprend tous les jours et ne juge rien, pas même l’ombre des autres.

Ses compositions sont des questionnement à lui-même et par-delà les autres individus, dont il n’attend aucune réponse, seulement un fil de mélodies qui se tisse et forme un paysage lunatique en terres sombres.
Malgré cela, les mélodies glissent, les expériences flottent dans sa musique vaporeusement sombre avec une poésie subtile qui est sa force première, l’amour en suspens.

Intime et dévêtu, il n’est pas exempt d’une certaine violence comme sur All Waters qui est une petite merveille.

Ici, quand vient la fin de l’album, le silence est de mise face à une si belle personne, si dépouillée, habillée par son simple humanisme, si défaillant dans notre belle société qui sollicite les battements du trop, sans voir que le singulièrement autre regorge de sentiers beaux à en crever.

 

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