Close
Pop Levi : Medecine

Pop Levi : Medecine

Pop Levi signe son retour après Never, Never Love et The Return To form black Magik Party avec Medecine, troisième album sorti chez Counter Records/Ninja Tune. Pop levi c’est Jonathan James Mark Levi, un artiste talentueux qui a plusieurs personnalités. Celles-ci nombreuses colorent sa musique d’une fébrilité à remous irrésistible. Il dit de cet opus qu’il a été enregistré « par une autre version de lui dans une autre dimension » et à l’écoute de Medecine, c’est aussi ce que l’on se dit.

Si vous cherchez de la douceur et de la mélancolie, passez votre chemin, car l’album en question est un défibrillateur à lui seul. Dopant comme de la vitamine effervescente, les mélodies sont accrocheuses avec une volonté évidente de faire danser sur une pop garage qui regarde un peu vers Prince ou Talking Heads au gré de douze titres épicés.

Ici, le rythme saccadé est séduisant, le rock saturé de touches d’électro  et Pop Levi exalté et intense comme à son habitude. Medecine, c’est une louche d’influences diverses, variées et communicatives, des ambiances changeantes et des chemins de traverses nombreux pris à toute vitesse.

Là, on peut se régaler en mouvement avec l’impeccable Strawberry Shake, où Jonathan de sa voix perchée est en transe sur une batterie chaotique accompagnée de riffs enflammés qui claquent au rythme de chœurs déformés.

Plus loin, l’intense Rock Solid nous prend aux tripes, puis le très bon Police Sign capture par son degré de virevolte profond. Motorcycle 666 vous attrape au tournant comme l’élégant Understand sur une basse sale et délicieuse.

A la croisée des genres, il sait aussi lever le pied quand il le décide pour créer des ballades aguichantes comme Bye Byes, très pop sixties, ou encore le sensuel Terrifyng.

Des riffs sauvages, de l’électro-rock à gogo, des basses lourdes et un joyeux bordel jubilatoire, voilà de quoi vous remontez le moral avec Medecine nerveusement psychédélique. En décalage avec son temps, il est un pur owni. Ce disque n’est pas une révolution, mais une évolution séduisante et tapageusement incorrecte.

De quoi réveiller les démons qui sommeillent en chacun de nous. Et « qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance « , comme le dit si bien Baudelaire. Pop Levi lui, l’a très bien compris.

Pop Levi : Medecine

Close