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Port St.Willow : Holiday

Nick Principe se cache derrière les mélodies entêtantes de Port St.Willow. Une voix comme une lueur d’espoir poétique, des harmonies délicates qui chavirent le monde, doucement et subrepticement. Holiday est le premier album de Nick Principe, onze titres où se mélangent la puissance et la douceur suave.

Ici, les méandres sont à-pics, les équilibres instables. L’air, oxygène pur, permet le tourment et une plongée dans la psyché humaine, belle et subtile. Sa voix magnifique, une voix androgyne est capable de varier dans les graves aussi bien que dans les aiguës, renforçant la teinte changeante et imprévisible de Holiday. Elle porte la structure des chansons et soutient la richesse des arrangements. L’inventivité distinctive se révèle dans chaque composition avec une certaine théâtralité qui renverse les certitudes et instaure l’épique au creux des pistes.

Là, les percussions sont hypnotiques, les cuivres langoureux et les fluctuations de toutes sortes au centre de Holiday. D’une main de maître, Nick Principe étend son monde et nous l’offre en harmonies divines, éphémères sensations d’une profondeur abyssale comme avec Stay Even.

Les moments de ruptures sont embrasés, les glissements nombreux et singuliers. Ternis et sombres,  ils deviennent lumineux en une incommensurable communion. Alors, Nick Principe se livre, déchirant les mélodies, se frayant un chemin tout de notes vêtues, comme sur Orphan, touchant.

Un sens du rythme distendue comme How To dress Well, le côté sauvage de Tom Yorke, et un éclat hors du commun, bercé par une mélancolie un peu comme The Antlers dont le chanteur Peter Silberman est un ami.

Holiday, c’est une invitation à sa propre introspection, un chemin violent et brut, derrière le gouffre de mélodies imparables comme Amawalk. Le souffle léger et profond de Nick Principe fait le reste, sans rage, avec une douceur lugubre qui étreint et ne lâche pas.

La construction est un fil emmêlé que Nick étale et noue de façon intrigante, avec suspens tout au long des pistes. Le glissement culmine, le frôlement est intense, et le charnel est à bout de souffle, rêveur. Sa musique est un mélange de folk entrecoupé de dream pop et de rock qui donnent l’impression de se perdre dans des émotions non exposées, mais à peine suggérées comme dans Hollow.

Les pistes s’enchaînent avec magie, seules les percussions et la voix belle et mélancolique de Nick Principe nous portent. Quant aux bruits de fond incessants, ils contribuent à cette atmosphère entêtante. La douce tristesse a trouvé ses lettres de noblesse, élégamment, et la puissance est apaisante.

Loin de la monotonie, l’impressionnisme musicale domine, intense. Les textures sont aérées, la réverbération se diffuse partout et les éclats de voix de Nick infusent les émotions. La guitare en filigrane, des réinjections électro, tout concourt à une cohésion instrumentale brillante.

L’évocation domine, tout aussi brulante qu’une blessure qui se ré-ouvre. Ainsi, si North, envahi de cordes et de trompettes, résiste aux à-coups symphoniques, Consumed vous pousse dans vos retranchements, déclenchant des réactions en chaine aux sons de tambours armés.

Ici la poursuite bien que lente, met en lumière la proie et son chasseur non identifié comme sur Tourist.

Holiday, c’est un récit en ébullition douce où la tristesse fait tournoyer la surface. Nick Principe en est le conteur hors norme, le créateur de mélodies atmosphériques, hantées, contemplatives, où l’âme affronte le poids du ciel nuageux, sous la couche épaisse de nos actes.

Voici, l’album dans son intégralité :

Ainsi que son premier Ep :

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