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Réveil des sens : WWWater + Young Fathers @ le Badaboum [Live Report]

Réveil des sens : WWWater + Young Fathers @ le Badaboum [Live Report]

Un souffle magistral, fait de percussions hybrides et d’uppercuts somptueux bousculés d’un groove tempétueux, voilà ce qui rapprochait les deux groupes d’hier soir au Badaboum à savoir Wwwater et Young Fathers.

Débutant vers 20h45, Charlotte Adigéry aka Wwwater accompagnée de ses deux musiciens, balance ses rythmes ténébreux, tout en crescendo sombres, petit bout de femme à la voix puissante et au souffle ardent.

Force aux uppercuts singuliers, mélange de soubresauts aux consonances rock et aux échos faussement RnB, elle gravite en des arpèges guerriers aux rythmes assassins à l’image de Mine Yours, Never Nuff, Fallo & Swallo et Earthbeat.
Percutant les coeurs de plein fouet de ses morceaux coup de poing comme WWWater, où parfois s’y mêle une douceur rauque, elle accélère les pulsations cardiaques avec une élégance fauve.

Fougue soul, crépitements électro et bousculements rageurs s’y combinent, à la fois marque de fabrique et cocktail irrésistible qu’elle livre avec passion, en un set construit avec intelligence et sans aucun répit.
En moins d’une heure, au gré de ses pistes qui chauffent le public et les bousculent, elle prend magistralement le contrôle des corps et des coeurs.
A coup d’électrochocs et de caresses brutes tels Raveteve ou Screen, elle aura réussi l’exploit de faire chavirer le public, grâce à sa puissance ravageuse qui jamais ne se tarit.


Enchaînant à 21h45, place au trio puissant que sont Young Fathers. On les avait laissé entre douceur et uppercuts incandescents au Point Ephémère il y a maintenant 4 ans. Pour cette nouvelle date à Paris, ils reviennent plus puissants que jamais, avec une créativité électrifiée de tensions enflammées à l’image de Wow aux percussions implacables, extrait de leur dernier album Cocoa Sugar.

Bordées d’espoirs, auréolées d’une singularité hypnotiques, les notes de Young Fathers sont un coup de poing dans les normes que la société voudrait voir adopter par tous comme autant de règles à respecter. Rebelles des identités qu’ils brouillent et retravaillent à leur sauce, eux mêlent clameurs des profondeurs de leurs entrailles à une poésie intense à la fébrilité virtuose.

De cette férocité douce qu’ils construisent à chaque titres comme sur cette scène du Badaboum avec Wire, Queen is Dead [Tape 2], Feasting [White Men Are Black Men Too], Toy ou Holy Ghosts, ils entremêlent leurs différents opus en des torsades meurtrières, croisant RnB, rap, trip hop et rock dans des claques atypiques.

Monstres de scène, maître des rythmes aux soubresauts harmoniques hybrides, eux défoulent le public en un set libératoire. Fureur, urgence de vivre, passions, déchaînent les émotions qu’ils livrent sous leurs chants entremêlés, équilibre fragile et passionné de trois individus artistes à l’unisson, qui se complètent à la perfection, en des clairs-obscurs lumineux.

Criant leurs désirs mais aussi leurs révoltes, ils basculent les individus en des notes ardentes, plongeant les âmes dans une ivresse indélébile. Crescendo abruptes, souplesse des accords, uppercuts tempétueux, force singulière, jeudi soir encore, ils ont domptés le Badaboum d’une main de maître, laissant sur leur passage, un vacarme dans les émotions et dans les sensations.

De leurs arpèges magnétiques et sous leurs harmonies écorchées emplies de pulsations fiévreuses, ils ont réveillé les sens, brisant les chaines des convenances et des étiquettes, en murmurant au plus près de l’âme d’un swing bagarreur de toute beauté de Rain or Shane, en passant par Only God Knows, Lord ou un brûlant Shame.

Alors, de cette nuit belle à se damner au Badaboum, WWWater et Young Fathers ont partagé un peu de leur âme, comme une offrande nerveuse, bouillonnante d’espoirs de luttes, en des pulsations outrageusement contagieuses, en somptueux diseurs des temps contemporains qu’ils sont, distillant un groove ardent et rebel indélébile.

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