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Savages @ la Gaité lyrique

Soirée atypique qui plie les carcans comme des origamis, attrapant la liberté au passage, nonchalamment, avec en ouverture, une transe de danseurs contemporains et un groupe au rock sombre bordé d’effluves acides et noires, A dead Forest Index, à surveiller de très près, Savages & Pop Noire sévissaient à la Gaîté Lyrique.

Hier soir, les quatre musiciennes de Savages ont réussi à retourner la tête de leur public. Sur fond de scène nuageuse, les tempétueuses emmenées par Jehnny Beth ont escaladé l’Everest des sentiments, balançant leurs émotions et leurs harmonies à la poésie chaotique aux visages du public.

Là, leurs caresses ressemblent à des uppercuts, à des vacillements qui semblent maudire les commandements édictés par la société et appeler à une révolte des songes aux espoirs sombres d’un post-punk bouillant.

Hier donc, au terme d’un concert tumultueux, la rage douce au ventre, Savages a montrer de quoi elles étaient faites, d’ivresse, de révolte et d’un acier trempé dans de l’encre rouge, martelant leurs mélodies d’un chant enflée par les guitares et la batterie. D’éveil en réveils, De I am Here, à Flying to Berlin, elles ont murmuré leurs audaces avec Shut up.

Crescendos ombrageux à outrance, leurs vagues de souffre appellent à une renaissance comme sur I Need Something New, portant les cadences épidermiques à la face du monde comme sur Strife. Sans compromis, elles osent, ne jamais courber l’échine, brandissant une radicalité dont certains devraient s’inspirer comme sur le très beau Waiting for a sign.

De leur volonté ténébreuse à leur poésie veineuse, She Will et City’s full ont troué le ciel d’une faille béante. Carambolant les certitudes, leur musique ressemble à un bataillon formé d’émotions en rébellion comme sur No face, Husbands ou Hit Me.

Les compromissions foulées au pied, les hiérarchies battues en brèche, Savages s’abat en vrombissements de l’âme et laisse le goût du sang et des espoirs dans la bouche avec Fuckers, qui est la parfaite conclusion à leurs mouvements harmoniques.

Reconnectant les volontés aux désirs, leurs concerts sont une bataille d’où l’on ne sort jamais comme l’on y a pénétré. Le monde est en marche, « Dont Let The Fuckers Get You Down ».

SETLIST :
I Am Here
Flying to Berlin
Shut Up
I Need Something New
Strife
Waiting for a Sign
She Will
City’s Full
No Face
Husbands
Hit Me
Fuckers
Savages @ la Gaité lyrique

L’album toujours disponible ici.

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