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Schoolboy Q – Oxymoron

Schoolboy Q – Oxymoron

La pratique du rap est une culture de la performance et une rivalité permanente. On souhaite toujours être meilleur que le rappeur d’à côté. C’est ce qui rend le rap si vivant.
On ne peut citer meilleur exemple de saine concurrence que celle qui sévit entre les membres du Black Hippy. Avec Jay Rock, le sous-estimé Ab-Soul et surtout le nabab Kendrick Lamar, le collectif Black Hippy est probablement la plus grande concentration de talent du paysage rappologique actuel.

Oxymoron, rap de luxe

En ce début d’année, c’est au tour de Schoolboy Q de porter cette compétition à un autre niveau avec son dernier opus Oxymoron. Cet album a été pensé comme une démonstration de force.
Schoolboy Q souhaite y montrer qu’il est bien au niveau de ses compères. On retrouve d’ailleurs Jay Rock sur l’irritant Los Awesome produit par Pharrell Williams.

Kendrick Lamar quant à lui est présent sur un Collard Greens de bonne facture ou les deux Emcees se renvoient leurs couplets dans un match de haut niveau.

Cette compétition silencieuse s’officialise dans le premier single Break the Bank qui a marqué les esprits notamment pour cet interlude :
Tell Kendrick move from the throne, I came for it
I hope this fuckin’ hit arrange for it, cause Goddamn

Si cette phrase a contribué à faire monter le buzz, c’est surtout la production du toujours excellent The Alchemist qui fait la différence. Sur une boucle de piano faisant furieusement penser au Belsunce Breakdown de Bouga, Schoolboy Q habite cette production d’un flow quasi parfait afin de nous expliquer que le succès – et la richesse – lui étaient destinés. Rien de moins…

Entre modernité et tradition, l’égo-trip, roi de cet album

On y croise de jeunes prodiges (Kendrick Lamar, Tyler The Creator) et des légendes de la côte Ouest (Kurupt, Suga Free). Tous portent à leurs manières les couleurs de ce « G » rap qui a conquis le monde. Schoolboy Q ne sait que trop ce qu’il doit à cette musique. Il en a d’ailleurs fait un hymne, Gangsta :
Real nigga’s don’t die homeboy, we multiply (Shit)
Come around my town you clown, that’s suicide

Il était donc naturel que Compton occupe une place centrale dans l’album. Hoover Street décrit parfaitement la vie si particulière de ce quartier de Los Angeles où là encore, chaque action semble être conditionnée.
Since a young nigga I admired the crack sellers, seen my uncle steal
From his mother, now that’s the money that I’m talking ’bout
Think about it, the smoker ain’t got shit and everyday he still get a hit

Schoolboy Q prétend déjà au Top 2014

Malgré une brochette conséquente de producteurs, Schoolboy Q a su préserver une certaine cohérence musicale. Comme ces albums précédents, Oxymoron est un opus sombre comme un parallèle avec ces activités souterraines évoquées dans l’album.
A ce jeu, c’est Tyler The Creator qui s’illustre. Le leader d’Odd Future produit The Purge, un bijou d’ambiance angoissante collant parfaitement à la thématique guerrière du morceau.

Quelques morceaux comme Los Awesome et Studio ternissent l’ensemble mais Oxymoron reste un album extrêmement solide. Sûrement un des prétendants au top rap de fin d’année.

Tracklist
01. « Gangsta » (produced by Nez & Rio)
02. « Los Awesome » (featuring Jay Rock) (produced by Pharrell)
03. « Collard Greens » (featuring Kendrick Lamar) (produced by THC)
04. « What They Want » (featuring 2 Chainz) (produced by Mike Will Made It)
05. « Hoover Street » (produced by Sounwave)
06. « Studio » (featuring BJ the Chicago Kid) (produced by Swiff D)
07. « Prescription/Oxymoron » (produced by Sounwave)
08. « The Purge » (featuring Kurupt) (produced by Tyler the Creator)
09. « Blind Threats » (featuring Raekwon) (produced by LordQuest)
10. « Hell of a Night » (produced by DJ Dahi)
11. « Break the Bank » (produced by The Alchemist)
12. « Man of the Year » (produced by Nez & Rio)
Bonus
13. ScHoolboy Q – His & Her Friend (featuring SZA)
14. ScHoolboy Q – Grooveline Pt. 2 (featuring Suga Free)
15. ScHoolboy Q – F**k LA

Schoolboy Q - Oxymoron

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