Close

Solidays 2015 : on y était, on vous raconte

Pour sa 17 ème édition, la programmation du festival Solidays avait de quoi faire saliver. Du reste, le public ne s’y est pas trompé. Encore une fois c’est une foule fort nombreuse et bon enfant qui s’est pressée sur l’hippodrome de Longchamp. Quasiment jamais rassasié de musique, elle n’en oublie cependant la raison de sa présence : la lutte contre le Sida. Avec des prévisions météo parfaites, cette édition de Solidays s’annonçait sous les meilleurs auspices.

1er jour : déhanchés hypnotiques

Premier pas dans le célèbre festival et premières impressions. Solidays est une gigantesque partie de ping-pong. Balladé d’un bout à l’autre de l’hippodrome, le public y joue le rôle de la balle. Propulsé entre des scènes ouvertes disséminées aux quatre coins de Longchamp où les attendent des artistes chauffés à blanc.

Solidays 2015 ©PauseMusicale

Pour nous, la partie a démarré avec l’inspiré Faada Freddy et sa soul-gospel sous le chapiteau Domino. Juste le temps de saisir son dernier morceau que l’on se retrouve propulsé au César Circus où jouent les très attendus Isaac Delusion. Notes électroniques et beats survoltés ont conquis un public – très nombreux – qui ne demandait que ça. La soirée commençait fort.

A peine le temps de reprendre son souffle qu’il faut déjà trancher entre Asaf Avidan et Hanni El Khatib. Choix cornélien mais autant s’y habituer, un week-end à Solidays n’est qu’une succession de choix impossible. Finalement, c’est la Greenroom qui va s’attirer nos faveurs. On se laisse happer par l’énergie frénétique d’une foule débordante de la scène et dansant sur un mix remarquable de Remain, sous une bruine fort à propos.

On en arrive même à oublier notre choix cornélien… Malgré tout, on parvient à attraper au vol la fin du set d’Hanni El Khatib et son blues rock virevoltant. Pas le temps de se reposer, on se dirige à l’autre bout de l’hippodrome, sur la grande scène de Bagatelle où se préparait déjà le groupe The Dø. Devant une foule dense, le duo français a gratifié le public d’un set maitrisé

Pour finir cette première journée, on a rendez-vous avec Paul Kalkbrenner et ces mix fous. Déhanchés hypnotiques et pas de danse – pas toujours maitrisés – sont au rendez-vous chez un public conquis d’avance. Vivement demain !

2ème jour : des valeurs sûres et des découvertes

Encore sous le contrecoup de la veille, on choisit de monter doucement en température en allant voir Yael Naim sous le Dôme. Juste le temps de saisir un New Soul repris en choeur par un auditoire acquis à la cause de Naim que l’on doit s’éclipser.

Solidays 2015 - Backstage ©PauseMusicale

Nous avons en effet rendez-vous avec un bénévole pour visiter l’envers du décor. Véritable fourmilière, les backstages Solidays sont l’endroit où s’activent artistes et bénévoles.

Parce qu’il ne faut pas l’oublier, Solidays est avant tout une immense fête placée sous le signe de la solidarité et du partage. Ce moment magique ne pourrait avoir lieu sans l’armée de bénévoles qui se démultiplient pour que cette expérience soit la plus agréable possible pour le festivalier.

C’est donc accompagné de notre guide Paulin que nous découvrons ce village dans la ville et la très ludique et très bien conçu exposition « Sex in The City ».

On quitte à regret notre nouvel ami pour Brigitte et leur set punchy. Préparation gentille pour ce qui s’annonce comme l’événement de la journée, le concert d’IAM sur la scène de Paris.

IAM - Solidays 2015 ©PauseMusicale

Les parrains du rap français délivrent un set tout en contrôle même si celui-ci est sans grandes surprises. On est tout de même ravi de les voir en forme et bondissant pendant 1h comme s’il avait toujours 20 ans. La flamme est toujours là et c’est tant mieux.

On finit donc le sourire aux lèvres et un peu par hasard sous le Dôme où joue le groupe Electro Deluxe. Groupe funk taillé pour la scène, ce live band est incontestablement notre coup de cœur du week-end avec sa section cuivre absolument géniale. C’est aussi ça Solidays, des découvertes musicales qui marquent !

3ème jour : et c’est déjà la fin…

Solidays, c’est aussi de (brefs) instants d’amertume. Comme ce passage de Flavia Coelho à 15h sur la scène de Bagatelle que l’on a manqué. Choix de programmation néanmoins compréhensible tant le line up de cette année était de grande qualité.

GreenRoom Solidays 2015

A Solidays, du Brésil à la Jamaique, il n’y a que quelques mètres à faire et c’est donc vers un Damian « Jr Gong » Marley, qui suit toujours les traces de son père, que l’on se tourne pour oublier notre déception. Concert qui passe à toutes vitesses et qui ne laisse que peu de temps pour résoudre le dernier dilemme du week-end. Que choisir entre la virtuosité et la fougue derrière les platines de Chinese Man et la soul vibrante de Nneka ?

Judicieusement, nous décidons de ne pas choisir… Quelques minutes plus tard, c’est à Domino que nous faisons connaissance avec la folie Brodinski. Chapiteau retournée, atmosphère moite et ambiance de rave, ça sent la fin à Solidays. Et pour terminer, on se cale entre la Greenroom pour profiter du mix d’Original Unit et le Dôme avec un thé glacé pour écouter le prodige Fakear et son électro chiadée. Solidays, c’est déjà fini et c’était drôlement bien… Vivement l’année prochaine !

Solidays © Seb Claudet
© Seb Claudet
Close