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Talisco @ La Maroquinerie

Talisco @ La Maroquinerie

On l’attendait sur scène, pour sa première grosse scène parisienne. Talisco est venu doucement sur cette scène de la Maroquinerie, presque fébrilement il a commencé son tour de chant. De sa voix belle, il a chassé ses doutes, vaincu sa retenue. De ses notes qui se musclent, il a fendu les univers et remplacé les cadences douces par des riffs sauvages de guitares entremêlées de batterie.

De nouvelles chansons ont fait leur apparition chassant l’excellent Your Wish d’un revers de la guitare, d’un souffle ardent de batterie, le remplaçant dans les esprits et les corps par au moins cinq titres inédits dont l’aérien Reborn, l’envoûtant Bring Me Back ou l’entêtant The Keys.

La respiration incandescente, Talisco emporte non comme n’importe qui, mais avec une brutalité douce et ténébreusement délicate. Sur scène, ses notes sont un subtiles mélange d’ombres et de lumière, d’embruns de chaleur qui déchirent les cœurs et les habitudes.

Des chansons crève-cœur donc, des pistes qui claquent sous le fouet des guitares et une voix qui illumine l’ensemble comme sur Glory, rappelant les nuances de la vie, oscillant entre amour, force, pertes et rage douce.

Des bourrasques d’harmonie, de lancinants refrains et une passion qui agrippe ses textes comme on attrape les rêves, Talisco balance les autres loin derrière, un sourire aux coins des lèvres, la guitare en bandoulière.

Your Wish rassemble les clameurs, accompagnée du public qui tape dans les mains. Talisco, l’instinctif indompté, s’évade à la guitare, avec l’aide de ses deux musiciens Gaultier à la batterie et Pierre-Louis.

Talisco est de tous les combats, ceux des sentiments avec Lovely, ceux des conquêtes de l’existence avec Follow Me qui sera ce soir, joué de deux manières, résumant l’essence même de Talisco.

Car ce qui fait la force de Talisco, outre sa mélancolie sauvage et sa passion des compositions taillées à l’orfèvre et ciselées de la plus noble manière, c’est qu’il a le don des métamorphoses, possédant l’art de la mutation et des transformations, en restant toujours profondément lui-même.

Des doubles qui semblent s’affronter mais qui bien au-delà de cela, se révèlent complémentaires, celui des grands espaces et des grands horizons burinés des plaies du monde, bousculant la foule de ses mélodies fougueuses et celui de l’intimiste dont l’âme s’entraperçoit dans les notes, volutes d’intimité de son esprit rêveur, hanté de sa poésie souple.

Lorsqu’il en dévoile trop, touchant de sa voix les cœurs avec son « I fall in love with you », il revient à des envolées de notes chaudes et claquantes qui tendent à dominer les corps, à les libérer des contraintes déclamant « Enjoy My Dear. We have the Keys and there are no jocker. We have the Keys and we’re cross the line ». Le souffle ardent, la guitare en panache, Talisco entrait dans la cour des grands, officiellement hier soir.

Il tutoyait déjà les hauteurs de sa pop coupante aux effluves folk, de sa voix belle et intense. Hier, il y avait quelque chose de changé déjà, une aisance que rien n’arrête et la grandeur de ses mélodies sauvages, plein phare, qui secouait le public, électrisé par la performance indélébile de Sieur Talisco.

Demain, il sera, à n’en pas douter, au firmament, car rien ne retient Talisco, il est libre. Libre de se mouvoir dans ces dédales de mélodies sculptées au lasso, taillées dans les veines de son âme. A bras ouverts, Talisco ne sacrifie rien sur scène, il accueille, coursier des sentiments, sauvageon des ritournelles à la plume ardente.

Talisco a la maroquinerie

Sa liberté n’est pas complaisante, ni déférente, elle ouvre sur un courage brûlant. Sa liberté mélodique joue avec les ombres, les lumières, Talisco embarque non pour d’autres prisons, mais pour des contrées faites de combats et d’étreintes, guidé par une nuit sombre ou une éclipse de soleil.

Talisco, à chaque fois, efface de son chant sa précédente prestation, gommant d’un trait le passé, y ajoutant les aspérités addictives de demain. Virevoltant, la passion dans le geste, hier soir, Talisco défiait les étoiles en un duel harmonique, demain il gagnera son duel avec le soleil.

Sans l’ombre d’un doute, si son album à venir chez Roy Music ressemble à ce soir là, le grand soir des promesses tenues, l’horizon lui est conquis. La liberté chez Talisco n’est pas seulement la sienne mais toujours la liberté qu’il procure aux autres, c’est en cela qu’on reconnait les artistes éblouissants.

Talisco a la Maroquinerie

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