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Temples – Sun Structures (écoute intégrale)

Temples sort enfin son premier album, Sun Structures, pérégrination à la douceur psychédélique au souffle enchanteur. Ici, les échos aériens flirtent avec des percussions lancinantes et une vision épique qui se cache dans le recoin des mélodies.

Bercées par le chant de James Bagshaw, les harmonies claquent entre des réminiscences des années 60, des effluves 70′ mixées à des expérimentations très contemporaines semblant faire échos à une brouille des repères parallèle à celle de la société.

Itinéraire transcendantal donc au long de ces 12 titres, des guitares en ponctuations, des refrains savamment elliptiques, et des synthétiseurs se conjuguant pour mener à l’évasion, des riffs en ponctuant le cheminement.

L’ancien duo formé de James Bagshaw (chanteur, guitariste) et du bassiste Tom Warmsley s’est étoffé de Sam Toms (batterie) et d’Adam Smith (claviers), comme leur musique qui navigue entre eaux faussement nonchalantes et notes en combinaisons agitées comme le très beau The Golden Throne obsédant.

Des refrains troublants jouent à perturber les tempos habituels pour atteindre par moment une beauté incandescente, changeant les lacs d’harmonies en océan rageur sous les échos des instruments obscurcissant la vision que l’on pourrait avoir d’eux comme sur Test Of Time.

Méditation musclée donc, l’intimisme poétique en sus, leurs mélodies homériques se chevauchent pour recréer un labyrinthique parcours, leur identité mutant au fil des pistes. Parfois comme Pénélope, femme d’Ulysse, ils défont dans une piste ce qu’ils semblent construire dans une autre, tissant pourtant un seul et même récit, celui du voyage, non d’un héros mais d’un individu.

Sun Structures semble être un enlacement des mythes, de contes et de légendes, brassant des métamorphoses et des désirs, créant par la même leur propre folklore éthérée. Un peu Stoniens, Temples semblent utiliser une nostalgie qui parle à tous, doublée en intra-veineuse par une vision futuriste conquérante comme sur Keep In the Dark.

Alors sur ces mélodies, les textures glissent, s’entrecroisent entre elles, formant une course vers une méditation aux teintes changeantes comme la lumières de Los Angeles. Les hypnotiques couleurs s’y succèdent jusqu’à créer des panoramas kaléidoscopiques où le rythme divague comme sous l’effet d’une drogue, appuyée par les percussions comme sur Sun Structures.

Embuant les tempos d’un chant intemporel, ce 12 pistes distille un amour des vibrations, une passion pour les pulsations lunatiques qui secouent une sorte de monotonie bizarrement peu ennuyeuse comme sur Fragment’s Light, le soleil fuyant, en bordant les pistes.

Temples signe un manifeste qui dans sa construction en contient les propres détournements tout autant que la possibilité des déviations et des révoltes, cultivant le bouillonnant dans des harmonies éthérées comme Shelter Song ou Sand Dance.

Leurs mélodies sont des duels à l’intérieur même des pistes créant, comme sur Colours To Life, une jungle d’harmonies en affrontement qui en vient à former une osmose. Les sentiments s’affrontent en rafale sans que l’un ne gagne, comme sur le magnifique A Question Is’nt answered qui cultive ce mystère et ce dualisme.

A la fois observateurs et expérimentateurs, Temples sont des insolents dans un premier opus construit comme un brouillage réussi et addictif de codes bien classiques.

Flirtant constamment avec le déséquilibre, la folie et l’onirisme, leur Sun Structures semble décliner en notes la phrase de Camus : «Un homme est toujours la proie de ses vérités » et y ajouter celle des contradictions.  Fascinants funambules contemporains, ils sont à surveiller de très près.

Temples - Sun structures

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