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Tomorrow’s World @ La Maroquinerie (Gonzai Party)

Hier soir, vendredi 12 avril, la Gonzaï Party 14ème du nom envahissait la Maroquinerie. Un line up séduisant avec Ricky Hollywood, Yeti Lane puis enfin et surtout Tomorrow’s World, le beau projet de Lou Hayter (New Young Pony Club) et JB Dunckel, sorti le 8 avril chez Naïve.

22h25 retentissait, alors que Tomorrow’s World s’emparait de la scène de la Maroquinerie. Une entrée dans le noir jusqu’à ce que les beats de JB retentissent et que la lumière soit. Tomorrow’s World sur scène, c’est JB aux claviers, ici à droite, chemise et cravate blanches, Lou en robe longue pailletée à gauche et au milieu Thomas à la batterie électro.

Le concert commence avec un magnétisme diffus dans l’atmosphère et une attente dans l’air, entre ceux guettant au tournant Tomorrow’s World en live et ceux heureux de voir JB, la moitié de Air, de nouveau sur scène. Drôle de sensation remarquée et de repères à prendre pour eux, pour ce nouveau projet qui se distingue de leurs autres créations.

Les beats ouvrent la parade et Tomorrow’s World commence par a Heart That Beats for Me, tendre et acide entrée en matière où l’envie de s’évader est offerte en cadeau par les élégants Lou et JB. Le public applaudit chaleureusement, les symphonies fusent et déjà Drive commence. Électrique ballade aux rythmes brumeux où les claviers et la voix de JB rejoignent celle mélancolique de Lou.

Les lumières se mettent au rouge, le tempo devient plus lent, tendre invocation à la mélodie, pendant que Lou, tambourin au poing, accompagne la ritournelle. Elle dompte de sa voix la musique de cette boîte à mélodies syncopées quant les claviers de JB se font entêtants.

Lou termine la chanson, se penche alors vers JB et chuchote à son oreille. JB, aux claviers, remercie le public et s’adresse à la technique : Lou n’a aucun de retour sur ce qu’elle chante, d’où son léger malaise palpable. Elle ne trébuche pourtant pas, elle continue. Pleurer et Chanter retentit, sa voix prend plus d’ampleur, elle tape sur des percus pour marquer le rythme de cet apostrophe aux beats acérés sur fond de road trip entêtant, JB la rejoint. La lumière se fait plus douce, comme une étreinte fugace et vaporeuse mais qui tient.

L’ambiance change, l’éclairage devient plus violent tel un stroboscope sur fond noir. La voix labyrinthique de Lou est comme un tourbillon sans fin qui recommence à la manière d’un cercle de la vie résumée là par les harmonies. Les percus et les claviers se chargent d’une rapidité plus appuyée, Life On Earth est une boucle précieuse.

Le jeux des lumières soutiennent les mélodies. Tantôt le crépuscule qui tombe, tantôt le jour nouveau qui arrive, Tomorrow’s World oscille entre les deux captivant l’attention à l’aide de leurs harmonies douces aux reflets vacillants. La scène se transforme ici en théâtre de la vie, les lumières arborent la nouvelle voie possible comme dans une pièce grecque, tragédie de la vie bercée par le tempo satiné et l’espoir tapis dans l’ombre du chant et des claviers. Apogée des harmonies avec la touche de JB où quelques notes magiques suffisent à rappeler un soupçon d’Air.

Alors Inside surgit, introduit par Lou qui la dédie au créateur de sa robe sulfureuse, paillettes de la voie lactée. Un spot léger s’allume, enrobant la scène d’une aura tamisée qui sert d’écrin aux harmonies. Les échos sont distendus, les salves de grâce frisent l’intimisme et la délicatesse de l’évasion reste en suspend.

Lou remercie furtivement le public. Les claviers commencent, la batterie se fait lente et langoureuse, la lumière violette remémore que l’on est dans leur futur antérieur, celui qui n’existe qu’en français. Face cachée du duo, Don’t Let Them Bring You Down perce la lumière diffuse et fait s’envoler les harmonies exquises de cet appel à un ailleurs, aux contours laissés imprécis pour que chacun trouve les siens.

Sur scène comme dans leur album, leur parcours est peuplé de jeux d’ombres et de lumières, leur mouvements encadrés par ceux-ci, leur route guidée par les claviers de JB. Un halo blanc décoche un rythme plus précipité comme si une urgence surgissait sous la peau. Les voix de Lou et de JB s’enjoignent et se retrouvent dans un soupir sur le très beau Catch Me.

Lou se détache de la scène bercée d’une lumière verte tandis que JB guide la danse cubiste derrière ses claviers. Metropolis claque et libère de l’emprisonnement du temps présent, l’horizon devient soudainement brut.

Déjà So long my Love s’avance, habillée d’échos nuageux et d’éclats syncopés. L’électro se pare d’une élégance profonde, la mélancolie prend ses aises dans le nuage de fumée se dissipant sur la scène. Oiseaux de nuit complémentaires, leur chant est un mirage, une tentation de se perdre au-delà du temps, au-delà de l’espace.

Un bouquet de roses rouges et blanches les cueillera à la fin. Des fleurs, des bouts du ciel et la sérénité portée par Tomorrow’s World.

« Les ombres d’opalines
au rendez-vous suivant, j’attends… »

26 avril : Printemps de Bourges avec Lescop et Thomas Azier

15 mai : Londres, ICA

16 mai : Great Escape Festival, Brighton

17 mai : Melkweg, Amsterdam

23 mai : Lille, L’Aéronef

24 mai : Rouen, Le 106

25 mai : L’Europavox, Clermont-Ferrand.

Tomorrow's World

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