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On y était : Charles Bradley @ La Luciole

A l’aube de ses 65 ans, Charles Bradley, originaire de Brooklyn, nous présente son deuxième album signé sur le label Daptone Records : Victim of Love.

Ce dimanche 10 novembre, sur la scène normande de la Luciole à Alençon, on découvre un chanteur miraculé, sorti tout droit d’un film, tant son histoire est incroyable (le documentaire Soul of America retrace l’histoire du chanteur). En effet, Bradley ne connaît le succès que depuis trois ans.

His Extraordinaires, ses “boys” comme il dit, l’accompagnent sur sa tournée européenne. Basse, clavier, batterie, guitare, trompette et saxophone forment ce combo de jeunes musiciens. La soirée s’annonce extra-ordinaire. Charles Bradley fait son entrée sur scène et souffle d’émotion devant son public. De sa voix rauque et brisée, il déclare : “we are going to give you the best we know cause we love you” et chante Crying in the Chapel.

Les yeux gonflés, comme si les larmes avaient coulé toute une vie, Charles Bradley sait bouger son corps. Il se déhanche avec grâce dans son costume de scène flambant rouge tel le digne héritier du king James Brown. De ses années de galère, l’ex-cuisinier de Brooklyn n’a cessé de chanter son idole, et nous répètera à plusieurs reprises pendant le concert une réplique déjà entendue quelque part… Wait a minute !

Les paillettes de son costume scintillent à nos yeux médusés par ce physique hors du commun. Le prince interprète déjà The world is going up in flames, le titre qui l’a révélé (No Time for Dreaming, 2010).

S’enchaînent No time for Dreaming et le très funky You Put the Flame on It.

Break musical “Extraordinaire”. Charles Bradley s’éclipse quelques instants le temps d’endosser un deuxième costume de scène, noir, et un énorme tigre qui brille dans le dos. Il enflamme La Luciole et interprète à coups de déhanchés so sexy le titre au nom évocateur Hurricane.

Bradley s’empare ensuite d’une reprise inattendue, Heart of Gold de Neil Young et nous prouve ainsi qu’il sait manier les mots mais aussi les styles.

Strictly reserved for you est tout aussi renversant. Toute l’intensité du blues y est… “I got the love… Just you and me” subjugue la salle entière. C’est vraiment là le point d’orgue de cette soirée.

Autre style, autre ton. Confusion est énergique voire colérique. A 65 ans, Bradley se jette à terre, se relève – scène assez incroyable – et finit le show d’un superbe Let Love Stand a Chance (All I’m asking, Just give love, Love… a chance)

Haut les c(h)oeurs ! Le temps de cette soirée, et bien plus encore, nous sommes devenus des Victim of Love. Charles Bradley, merci…

 Charles Bradley

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