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Young Fathers – White Men Are Black Men Too [Ecoute Intégrale]

Young Fathers – White Men Are Black Men Too [Ecoute Intégrale]

Dès les premières notes de Still Running, on retrouve l’urgence ténébreusement poétique de Young Fathers. Avec leur nouvel opus, White Men Are Black Men Too, le trio enlace les âmes d’un souffle ardent, aux échos labyrinthiques.

Couchés entre le hip hop, le blues et des consonances que tout semble éloignées, Young Fathers bravent les vents contraires pour offrir des vapeurs psychédéliques d’un rythme rageur.

Avec Shame, la tempête se lève, l’horizon brûlant affronte les turbulences musicales de ce trio sachant mêler les harmonies tempétueuses avec un groove acide qui claque.

Entremêlant percussions sauvages et choeurs tribaux, les colériques mélodies laissent la part belle à une beauté qui pique, celle qui sait bousculer les torpeurs en offrant des salves suaves sur lit de ponctuations contemporaines.

Croisant une nervosité douce et des tumultes eurythmiques au diapason de sentiments forts, Young Fathers tisse des récits aux mouvements tapageurs moirés d’une électricité lascive qui dément, à l’image de Feasting, les règles de la gravité.

Usant d’oscillations et des balancements imprévisibles, sur fond de percussions orageuses, les chants apportent des lumières tamisées de rythmes langoureux comme le très beau 27.

Gravitant en des eaux sombres troublés de versets emportés de synthés graves et de murmures lancinants comme sur Rain Or Shine, les échos qui en bordent les notes ont des effluves qui se font jour dans les coeurs.

Sans un excès et toujours avec élégance, parfois leur puissance se mesure à la mélancolie qui irradie de leurs mélodies telle Sirens, flirtant avec un HipHop underground gravée en des terres autres.

Alors leurs rythmes secouent, bercent, bousculent comme ceux de Old Rock N Roll, tourbillons tribales sur agitation poétique à la vivacité chaotique. Ardents, Young Fathers ont l’art de parler au coeur, remuant les tripes, apportant une pensée aux cadences addictives comme sur Nest.

Secouant les âmes, de leurs notes incandescentes, ils emportent les armures de leur chant puissant, de leurs percussions fiévreuses tel Liberated, mêlant les notes impétueuses à une nostalgie trempée dans une modernité inébranlable comme avec John Doe.

Sans répit, Young Fathers offre d’audacieuses mélodies, bordées de batteries aguicheuses et de flow vaillant, n’oubliant jamais de laisser poindre une pointe de douceur, à la chaleur poignante comme sur Dare Me.
Alors Get Started ouvre d’autres sonorités, aux percussions sauvages, aux acides cadences, gorgées d’émotions fortes qui lèchent les coeurs avec force.

En 12 pistes, White Men Are Black Men Too dit le monde d’aujourd’hui, entre effervescence, espoirs, chaos et beaux tumultes. Avec ce deuxième album, Young Fathers enfonce le clou dans un courage intrépide et confiant.

L’opus sort la semaine prochaine chez Big Dada / Ninja Tune. Soyez prêts.

Young Fathers - White Men Are Black Men Too

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