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Young Man : Vol.1

Young Man : Vol.1

Après son EP « Boy » en 2009 et son premier album « Ideas Of Distance« , Young Man revient avec son deuxième opus intitulé sobrement « Vol.1« . Youg Man, c’est Colin Caulfield, auteur-compositeur talentueux, doux rêveur et Petit Prince surdoué, ici entouré de Emmett Conway (guitariste), Joe Bailey (Bassiste), Dylan Andrews (guitariste) et de Jeff Graupner aux synthés. Dans la droite lignée de Kings Of Convenience, Beach House ou de Panda Bear, aidé par les arrangements de John McEntire, on découvre un journal intime sonore, vaporeux, tout en apesanteur et pour autant profondément guidé par l’humanité généreuse et interrogative. Ne vous méprenez pas, car Young Man ne cherche pas les certitudes, il les fuit, préférant exploiter plutôt les incertudes et les dangers y afférent. Brillant oiseau de passage, il ose à demi-ton un manifeste lumineux.

Les thèmes de prédilection de Young Man sont le passage de la jeunesse à l’âge adulte, avec un focus sur la trajectoire de la vie, les erreurs que l’on y commet ainsi que les insécurités qui en font partie et sont inhérentes à tout parcours. Vol.1, c’est avant tout du rock progressiste mêlé sur certaines pistes à de la pop lumineuse, électro rêveuse avec une maturité touchante. Young Man, ce sont donc des questions existentialistes et une seule certitude : au pied du gouffre de l’âge adulte, que fait-on et de quoi sommes-nous capables au juste ? L’opus est une introspection murmurée de quelqu’un à la dérive qui est sur une mer d’attentes et d’espérances et sur une montagne d’interrogations et d’incertitudes où l’espoir est un horizon infini.

« Heading » commence l’opus, petit poème touchant avec la voix poignante de Colin. Ici, une vraie nostalgie des ballades acoustiques des années 60 se fait jour, où les guitares et un soupçon d’électro s’entrechoquent doucement mais magistralement en une introduction douce et langoureuse à leur univers vaporeux.

Dans « Toughts », batteries et guitares s’unissent pour faire un doux écrin mélodieux, la voix toute en nuances de Colin vous emmène loin et vous propose des pauses sur un parcours intense et initiatique. C’est une échappée belle hors des errances et des interrogations qui peuvent être angoissantes.

Sur « By and By », ce sont les guitares qui débutent le morceau, hymne à la douceur mené par la voix toute aérienne de Caulfield qui possède une réelle profondeur et qui rythmée, s’envole.

« Do »  explorent les doutes et les interrogations mises en musique sur une piste toute guitare et électro, qui plante un décor nuageux et rêveur, comme un ailleurs non connu ou tout simplement non défini.

« Fate » est une très bonne piste qui allie dynamisme, rythme et douceur, où la voix de Caulfield se fait plus agressive, plus présente… Le groupe est ici tout en puissance dans la subtilité.

« Wasted » suit tout en subtilité, poignante grâce aux choeurs accompagnés par les guitares. Elle est une douce ballade toute calme et profonde avec des riffs d’électro… Des à-coups viennent perturber la sérénité de la chanson… Brillant compromis de sentiments confus qui vous emporte.

Quant à « 21 », elle se fait intime avec le piano et les guitares de plus en plus intenses, Caulfield y est lumineux et poignant. L’ensemble dégage une immensité avec des bribes d’intensité lâchées au fur et à mesure, ponctuant la chanson comme des étincelles traçant une route.

« Wandering », enfin, est un interlude instrumental discordant et bruyant comme la fin d’une route ou le début d’une autre, transition passagère et profonde qui mène à « Directions ». Cette dernière qui clôt l’album est portée par des synthés et des guitares en force  et où la voix de Caulfield plus appuyée en fait une pop plus solaire…

La fin du voyage ressemble à s’y méprendre à une transformation, celle d’une chrysalide qui se libère.

L’opus est lumineux, touchant et tout en subtilité. Infiniment jeunes, mais tellement matures, ils créent une identité aérienne et toute rêveuse qui a le pouvoir de vous emmener loin et de vous séduire. A suivre donc et à écouter en boucle…Car innocemment inventif et singulier telle une légère brûlure.

A vous de juger, car l’album est en écoute intégrale :
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