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Blaenavon : Wunderkind

Blaenavon choisit de ralentir sa cadence, rêvant à des harmonies plus douces, n’oubliant point l’intensité et les émotions entêtantes sur leur dernière piste Wunderkind.

De Into the Night en passant par Prague, leur musique s’enchaîne sans faux pas, emboîtant leurs harmonies les unes aux autres, révélant à mesure une identité toujours plus insoumise, habitée par une profondeur qui s’étoffe, courant par les chemins de traverse et les sentiers boueux.

Intrépides dans leur construction, ardents dans leur orchestration, leurs mélodies penchent tantôt vers une fougue à l’infinie ou comme ici plutôt vers l’introspection la plus brute, bercée d’une douceur de guitares en échos.

Cependant, même si la douceur a la part belle sur Wunderkind, elle n’en demeure pas moins sauvage et presque animale, avec un souffle brûlant et une candeur fiévreuse. Du chant enchanteur de Ben Gregory dépend le rythme de Wunderkind qui coulisse et glisse sur des harmonies épurées, minimalistes portées par Frank Wright (basse) et Harris McMillan (batterie).

Des variations subtiles sur un chant murmuré en fin de piste, la ballade harponne sous ces mélodies qui traînent faussement le pas, sculptées par le chant hantant la piste comme une ritournelle léchée par les désillusions de la vie, consciente des rugosités du temps présent.

Blaenavon est un jour crépusculaire qui se lève. Leur âme a la fragilité poignante baignée d’une force certaine et d’une signature forte.
A l’orée de la sortie de leur premier Ep Koso, leur impulsion est démultipliée, leur agilité réaffirmée, leur intensité au firmament. Dans la lignée de Denim Patches, leurs caresses sont des flèches douces visant les espoirs, irriguées par la puissance de la voix, son timbre singulier, ses intonations reconnaissables.

Ils mettent à genoux les certitudes, questionnant le monde de leur mélancolie sombre, et la lumière, même soudain tamisée, apparaît crue. Blaenavon semble mettre en application l’adage de Braque « L’émotion ne s’ajoute, ni ne s’initie : elle est le germe, et l’œuvre est l’éclosion. »

Tracklist de KOSO:
A1. Gods
A2. Wunderkind
B1. Prague
B2. Lost in Paris
Blaenavon : Wunderkind

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