La K‑pop secoue les Grammy Awards. Depuis l'annonce en juin d'une catégorie destinée aux enregistrements en langues asiatiques, la réaction au sein des fandoms et des maisons de divertissement sud‑coréennes s'est transformée en une véritable onde de choc : plusieurs acteurs majeurs, dont BTS, ont choisi de ne pas soumettre de candidatures pour la prochaine édition.
Chronologie et enjeux
La polémique a pris de l'ampleur après l'annonce, en juin, de la création d'une catégorie « Meilleure performance pop asiatique » qui, selon les organisateurs, récompensera des enregistrements en langues asiatiques. Immédiatement, des voix se sont élevées pour dénoncer ce que certains considèrent comme une séparation discriminatoire plutôt qu'une intégration des artistes asiatiques dans les catégories générales.
Le 29 juillet, BTS a annoncé qu'il ne déposerait pas de candidature, estimant que la musique doit être appréciée sans « barrières géographiques ou linguistiques ». Cette décision, rappelée par des médias sud‑coréens, a surpris nombre d'observateurs, l'album ARIRANG (paru en mars) étant considéré comme un candidat sérieux.
Certains ont qualifié la nouvelle catégorie de « prix raciste ».
Réactions et conséquences
Le débat dépasse désormais la simple critique des organisateurs. Il vise également les groupes et labels qui auraient accepté de voir leurs artistes figurer dans cette catégorie. D'un côté, des fans et observateurs estiment que la mesure enferme la K‑pop dans une case marginale ; de l'autre, certains défenseurs de la participation aux Grammy considèrent qu'obtenir une nomination reste un levier important pour la carrière internationale des artistes.
- 29 juillet : BTS annonce qu'il ne soumettra pas de candidature.
- 1er octobre : les organisateurs confirment que la catégorie restera en place.
- Débat public : fans, médias sud‑coréens et maisons discutent de la pertinence de la création.
| Date | Événement |
|---|---|
| Juin | Annonce de la catégorie « Meilleure performance pop asiatique » |
| 29 juillet | BTS annonce qu'il ne soumettra pas de candidature |
| 1er octobre | Les organisateurs confirment le maintien de la catégorie |
Le PDG de la National Academy of Recording Arts and Sciences, Harvey Mason Jr., a indiqué que la majorité des soutiens au sein de la communauté musicale asiatique conservaient une position d'appui — information rapportée par les organes de presse — mais la controverse persiste et la polémique se structure désormais autour de deux lignes :
- les critiques qui voient dans cette catégorie une façon de séparer et de diminuer la visibilité des artistes asiatiques dans les prix « principaux » ;
- les partisans de la reconnaissance ciblée, pour qui la catégorie pourrait offrir une visibilité spécifique à des œuvres non anglophones.
Sur le terrain, l'impact est concret : la décision de groupes influents de ne pas participer risque de priver la cérémonie de figures majeures de la musique mondiale et de transformer la stratégie de visibilité internationale des maisons de divertissement coréennes.
Reste à voir si d'autres artistes ou labels suivront le mouvement, si des discussions entre l'industrie asiatique et les organisateurs aboutiront à une modification, ou si la prochaine édition des Grammy servira de test à cette nouvelle approche de la diversité linguistique dans les nominations.
La situation mérite une attention particulière : elle interroge la manière dont les institutions musicales internationales conjuguent reconnaissance, représentation et segmentation culturelle à l'heure d'une mondialisation accrue des industries créatives.