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Emily King – The Switch

Des fastes de l’industrie du disque à la dure réalité de l’indépendance, Emily King aura connu les deux états dans un délai relativement bref. En 2007, la jeune artiste faisait jeu égal avec les plus grandes stars. Promis à un avenir radieux, elle voit ce dernier s’assombrir lorsque des différents contractuels l’opposent à son label.

S’ensuit une rupture de contrat et la découverte du monde de l’indépendance. Comme libéré d’un poids, l’artiste connait alors une période de frénésie créatrice. Inspirée, elle ressent alors le besoin d’enregistrer tous les morceaux qui lui passe par la tête le plus rapidement possible.

The Switch est en grande partie issue de cette période et a été composé dans l’urgence. Accompagné de Jeremy Most, un producteur discret mais talentueux entraperçu aux côtés de Jesse Boykins III, Emily King enregistre avec une passion retrouvée.

Étrangement, cette sensation d’urgence ne se ressent pas le moins du monde sur cet album. La musique d’Emily King est dans la lignée d’un mouvement RnB à l’ancienne, à la limite de la Pop. Exit toutes forme de sophistications à la mode, l’américaine joue la carte d’une musique sophistiquée aux mélodies langoureuses.

Le résultat donne des morceaux comme Out of The Clouds ou Aya. Arrangements délicats pour mélodie douce et sucrés pour l’un, choeur omniprésent pour des pistes étirées pour l’autre. En guise de conclusion, For Them est la juste combinaison des deux atmosphères.

Si The Switch est un album équilibré, il contient des moments d’emballements avec des morceaux comme Sleepwalker ou Believer. Sleepwalker est un petit bijou RnB dance-floor. Un beat lourd à l’ambiance lascive littéralement porté par l’interprétation envoûtante d’Emily King et une ligne de basse discrète mais terriblement efficace.

Si les thèmes abordés sur  » The Switch  » sont plutôt classique pour un album RnB, on ne peut s’empêcher de penser qu’Emily King évoque sa propre relation avec l’industrie du disque comme sur Distance :
When we take time to get back to who we are when we’re apart
Distance makes the heart grows.

Le chemin vers le succès peut prendre des voies diverses. Dans le cas d’Emily King, on espère sincèrement que les chemins de traverse entrepris ne l’empêcheront pas d’obtenir le succès qu’elle mérite. Parce que The Switch montre que l’indépendance lui sied à merveille.

Emily King - The Switch

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