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En immersion chez Animal Records : Episode 6 – Ca bosse dur chez Animal Records

En immersion chez Animal Records : Episode 6 – Ca bosse dur chez Animal Records

Journal d’un Label

Animal RecordsAnimal Records, c’est l’histoire d’une bande de potes réunie par l’amour de la musique électronique, tendance douce, chiadée et vaporeuse. Au départ, Bloum, Backbone et quelques potes mélomanes pour mettre la main à la pâte. Jeune mais déjà ambitieux, le label signe dès sa première année d’existence deux nouveaux groupes, Kanzi et Stand Wise, en cohérence avec son identité originelle : des machines, de la douceur et du rêve.

C’est quoi, la vie d’un label en 2015 ? Stagiaire en communication le temps d’un été, je suis immergé quotidiennement sur la planète Animal Records. Des studios de répétition aux cuisines du Muxu en passant par les douves du château d’Egreville, il n’y a qu’un pas. Que je franchis allégrement pour vous raconter la vie trépidante du label. En toute subjectivité.

 

Episode 6 – Ca bosse dur chez Animal Records

Après la fête, il est temps de faire ses cahiers de vacances. Au soleil.

15h. Sous le soleil exactement.
Dans le fin fond de l’été, le soleil éclabousse une terrasse du 11e arrondissement où se retrouve la team Animal Records. Alors qu’une bonne partie des français se fait dorer la pilule, les gars préparent en catimini une rentrée qui s’annonce bien chargée. Les grands travaux du label : le premier EP de Stand Wise, la reprise de la sauterie musicale et culinaire faite maison La Gourmande ainsi qu’une nouvelle soirée dans un espace encore vierge de fêtes.

« Alors qu’une bonne partie des français se fait dorer la pilule, les gars préparent en catimini une rentrée qui s’annonce bien chargée. »

Diego est le premier à pointer le bout de son nez, avant les arrivées de Jon et Paul, qui commandent une double paire de cafés. « J’ai vu Rone l’autre soir c’était ouf’ ! », s’extasie l’homme-machine de Bloum, avant d’attaquer les choses sérieuses: « vous avez combien de morceaux ? ». « 4 ou 5 quasiment finis », lui explique la moitié de Stand Wise, avant d’ajouter, serein : « on aura tout terminé à la fin du mois d’août ! ». Et Paul de reprendre, satisfait : « cool ! Comme il faut compter un mois pour faire le mix’, on pourra s’occuper du mastering fin septembre ! », avant de lui donner quelques devoirs : «essayes de trouver 4 masterings d’artistes que tu kiffes… ». Diego opine du chef : « ouais, pas de problème. Pour le mix tu sais on le travaille en même temps que les compos ». Des compos qui sont « presque terminées en terme de structure. Il manque plus que quelques ajustements.. ». Et Paul de conclure : « ouais c’est bon quoi. »

16h. Clips, coffees and cigarettes.
Antonin débarque en scooter, casque à la main et sourire en coin : « yo les boys ! ». Une réunion au sommet, puisque parmi les gros bonnets du label, seul Barth’ manque à l’appel. Et l’heure pour eux de questionner leurs nouveaux poulains sur un gros morceau : « et le clip, ça en est où ? ». Là encore, Diego est serein : « on a déjà bien avancé. Et il nous reste 3 mois pour faire un truc vraiment bien. ». Paul est rassuré: « cool. Le seul truc c’est qu’il faudra le sortir 2 semaines avant l’envoi de l’EP à la presse », et Jon de faire une proposition : « vous seriez chauds pour réaliser ? ». Après quelques secondes d’hésitation, Diego reprend : « Ouais, je sais pas.. En tout cas on aimerait bien faire un clip live ».
Alors que les discussions vont bon train, Raphaël fait son apparition. L’autre moitié de Stand Wise a visiblement la dalle : « une planche de fromages s’il vous plaît». Et Jon de répondre à Diego : « si tu veux un clip live, on peut demander aux potos de Firgun ! », suivi par Paul : « l’important c’est de savoir comment tu veux transformer le son en vidéo », et Antonin : « par contre je sais pas si c’est une bonne idée de faire le clip sur Circle. Ce serait peut-être mieux sur un nouveau morceau ? ». Une question qui taraude visiblement les gars de Stand Wise : « Ben justement, on sait pas trop laquelle clipper… ». Et le chef du Muxu de calmer le jeu : « on se donne 3 semaines pour y réfléchir. Bon déjà, on est d’accord, on part sur 5 tracks pour l’EP ? ». Là-dessus, le débat est clos : « Ouais, c’est ça. », confirme Diego, qui s’interroge encore sur le clip: « j’arrive pas à savoir si je veux le faire moi même ou par un autre.. ». Jon essaye alors de l’aider : « commence déjà par le scénario, on verra ce qu’on peut faire après.. ».
Paul : « l’important c’est de savoir comment tu veux transformer le son en vidéo »

Au moins, le jeune musicien sait déjà où il veut aller : « on a envie d’un truc frontale, réaliste ». Ce qui fait visiblement l’unanimité: « ouais, parce qu’un truc long et abstrait, ça peut vite être chiant. Fait nous un truc à la Kanye West ! », ironise Jon, suivi de près par Paul : « On va vous filmer à poil’ dans le combi ». Trêve de plaisanterie, Raphaël a une question : « et la durée pour le clip ? ». « C’est libre ! », conclue Paul.

16h30. Une tournée à Nairobi ?
Après s’être mis d’accord sur la date de sortie de l’EP, les gars en viennent à parler du visuel : « au moment de faire le mastering, il faudra nous envoyer le visuel et la bio », explique Paul à Diego, qui a déjà sa petite idée sur la question : « on pense garder les mêmes couleurs que pour Circle, pour que les gens aient des repères ». Un EP qu’Animal Records veut sortir comme il se doit : « en plus des trucs de promo classiques, ça serait pas mal de faire des happenings marrants dans Paris », s’excite Jon. Antonin résume bien l’enjeu : « ouais, pour pas que ça soit juste un EP de plus parmi les 2000 qui sortent toutes les semaines », avance-t-il avec force de conviction, avant de sortir une blague juste après : « on va faire une grosse tournée aux states, en Afrique, on passera même par Nairobi.. ».
Si un concert dans la capitale du Kenya n’est bien évidemment pas à l’ordre du jour, la release party, elle, est dans toute les têtes : «il faut que ça soit une grosse teuf’, 2 semaines après la sortie de l’EP », s’enflamme Antonin. Qui dit grosse teuf’ dit choix d’un lieu approprié : « Y’a le Day 1 à La Flèche d’Or », propose Paul, avant que Jon n’avance une autre idée : « sinon y’a une salle privée à Bir-Hakeim, de ouf’, où on peut faire une captation et tout.. ». Qui fait plaisir à Diego : « ouais je suis grave chaud ! Si le public et la presse peuvent l’être aussi, je dis banco pour ce lieu ! ». Une discussion à bâtons-rompus que vient interrompre la serveuse : « on vous offre les verres ! ». Ça c’est sympa.
Antonin : « pas un EP de plus parmi les 2000 qui sortent toutes les semaines »

Dernier sujet d’importance avant les négociations avec Le Café de La Presse, le manager : « on connaît un mec », commence Diego. « Ouais, ben faut qu’il soit ultra-chaud », prévient Jon, suivi par Paul : « ouais, c’est difficile de trouver des managers au début, il faut qu’ils soient prêts à tafer un max’ de façon bénévole.. ». Et Antonin de conclure : « il faut le trouver avant fin août pour qu’il puisse vraiment vous aider sur l’EP ». Alors que les gars de Stand Wise s’apprêtent à partir, Paul donne les derniers encouragements : « un clip qui bastonne et c’est bon ! ». Avant que Diego et Raphaël ne saluent la tablée Animal : « salut les gros ! ».

Animal Records

17h30. Le temps des négociations.
Il ne reste plus désormais que les gros bonnets du label, pour un sujet de première importance chez Animal Records : la 2e saison de La Gourmande, un événement qui compte beaucoup pour l’identité Live & Food du label. Alors que la programmatrice du Café de La Presse s’installe autour de la table, les regards se raffermissent : on est pas là pour rigoler. « Les gars, vous êtes à moi ! », lance-t-elle, avant de s’interroger sur ma présence : « je m’occupe de com’, et suis aussi espion, barman, dealer » .

Plus que concerné par le débat à venir, le Dj des saveurs du label, Antonin, lance les hostilités : « Il faudrait donner encore plus d’importance au côté culinaire, pour avoir des retombées médiatiques non seulement dans les mags’ musique, mais aussi cuisine.. », et Paul d’aborder un autre aspect important : « on voudrait que ça soit une vraie co-production ». Pour renforcer le volet
cuisine, les gars proposent de décaler l’horaire : « plus qu’une simple soirée, ça serait intéressant de faire un format brunch, 12h-00h non ? Histoire que les fêtards du samedi décompressent en douceur». Là-dessus, elle se détend sur sa chaise : « oui, amener la food en live, mais comment ? ». Jon a une petite idée : « j’ai vu un cours de cuisine pour enfants dans le quartier, on pourrait faire ça ? ».
La programmatrice du CDLP : « Les gars, vous êtes à moi ! »

Après l’aspect cuisine, il est temps de parler musique : « on garde l’argent que pour les groupes », explique Antonin, suivi par Paul : « ouais, ils en ont vraiment besoin.. ». Et le docteur ès sonorisation du label d’aborder les questions techniques : « de mémoire, la sono était pas terrible, ça serait bien d’avoir du bon matos pour les groupes.. ». La programmatrice a de quoi le rassurer : « on va changer en profondeur l’équipe et le matos, on va prendre un nouvel ingé son.. ». Et Antonin de conclure : « ouais, et de façon plus globale, il faudrait un peu mieux recevoir les artistes ». Rapide et efficace, la négociation entre Animal Records et Le Café de La Presse a porté ses fruits,annonciatrice d’une Gourmande encore plus délicieuse que la première. Comme dans toutes les bonnes équipes, il y a un temps pour tout : quand on festoie on festoie, et quand on bosse, on bosse !

18h. Un concept inventé à Montélimar.
La programmatrice du Café de La Presse partie, la petite équipe reste un peu pour récapituler le gros programme qui l’attend : « La Gourmande en septembre, Stand Wise en novembre, une nouvelle soirée.. Qu’est-ce qu’on lance en premier ? », demande Jon, impatient d’en découdre. « Un peu de vacances d’abord, non ? », lui rétorque Antonin, conscient qu’il faudrait que la Bête se repose un peu avant la rentrée des classes qui se rapproche. Tout en se levant de sa chaise, Paul me fait une petite confidence : « La Gourmande ? Un concept inventé l’été 2014 à Montélimar ! ». Sans transition, Jon, Paul et Antonin filent fièrement sur le boulevard de la Bastille, en scoot’, sous un soleil annonciateur d’une nouvelle année fastueuse.

Animal Records

Dans le van, quelques jours plus tard.
Après un repas de départ déchirant à Porte de Clignancourt, me voilà dans le van’ officiel du label,
direction République. Au volant, Antonin me donne quelques éléments de réponse sur sa direction artistique : « tu sais c’est Paul (de Bloum, NDLR) qui mixe tous nos sons: ça donne déjà une cohérence entre nos artistes ». Mais l’aspect purement artistique n’est pas le seul critère de sélection :« avant de signer un artiste, on passe beaucoup de temps avec lui à discuter pour être sûr que ça le fasse humainement. La musique ne vient qu’après ». L’esprit de famille, encore une fois. Après un check de rigueur, me voilà reparti voguer vers d’autres cieux. « Time to let’s go.. ».

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