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Fantastic Nobody : B.O de Nous York

Fantastic Nobody : B.O de Nous York

Des frenchies qui se délocalisent à NY, voilà de quoi avoir peur d’un déjà-vu sur l’Amérique et les relations difficiles que les français peuvent entretenir à son égard partagées entre un pathétique «On aime tout , c’est mieux là-bas qu’ici» ou une légère tension face à un géant qui impose sa culture dans une mondialisation qui pourrait être autre, non celles des cultures dominantes, mais un partage plein et entier de celles alternatives, dans un joyeux bordel.

Oui, mais voilà, c’était sans compter sur Fantastic Nobody, groupe français de rock pop alternatif qui signe d’une main joyeuse cette BO sympathique. Amenant une touche délicate dans un monde touché par le lisse et la recherche d’une identité formatée, Fantastic Nobody, propose 8 titres sucrés, aux synthés embrumés, à la pop rock acidulée.

Légère comme une bulle de chewing gum, la B.O a la pulsation bien partagée, l’énergie contagieuse, et propose un voyage les yeux grands ouverts, comme si on pouvait être encore enthousiaste face au monde actuel et à ses lambeaux proposés ici et là, par des news qui tapent la tête et rendent sourd à la douleur du monde, tant elle est bien partagée sur terre.

Un soupçon donc de naïveté dans cette BO que semble partager le film… Certes, si comme on dit «il faut beaucoup de naïveté pour faire de grandes choses», je reste convaincue comme Labruyère que «La même chose souvent est, dans la bouche d’un homme d’esprit, une naïveté ou un bon mot, et dans celle du sot, une sottise.»  Tout est une question d’angles et de points de vue…

Ici,  gloire à la voix éthérée de Mélanie portée par des basses et des batteries très rythmiques avec une mélodie force où les arrangements électro côtoient des nappes de synthés très 80′. Dansants, les Fantastic Nobody ont choisi leur nom qui signifie que l’on peut être anonyme et fantastique à condition de faire ce qu’on a envie, ce qui colle pour le coup parfaitement à l’ambiance et aux propos du film.

Pour leur second film ensemble, après le sympathique Tout ce qui brille, Hervé Mimran et Géraldine Nakache remettent cela avec Nous York, hymne à l’amitié. Et quoi de mieux que de faire appel à des potes talentueux si vous en avez pour se charger de la BO de votre film ? C’est exactement ce qu’à fait Hervé Mimran qui leur avait déjà confié quelques chansons sur leur premier film comme Gingerbread, Breathe, He send me to the devil et All That Glitters, dernier titre spécialement pour le film. Il est donc allé chercher Mélanie Leportier, artiste plasticienne et touche-à-tout qui a fondé Fantastic Nobody en 2010.

Mel Fish (chant, percus), Nico (Guitariste/bassiste), et Benj le batteur offrent 8 titres originaux illustrant une certaine vision de NY et de ses différents quartiers, entre un rock nourri de disco, et les influences éclectiques d’une pop douce renforcée par un petit côté électro diffus. La B.O désinvolte accompagne les 5 amis dans leur confrontation face à leur vie d’adulte et à ses problèmes, comme pour mieux nous dire que tout ce qui brille n’est pas foncièrement le meilleur…

Ici, le vaporeux règne en maître…Manhattan est inspiré tout comme Coney Island, ou encore le plus triste Bedford. Quant à Brooklyn, il  explore le côté bobo en musique, brillamment.

Petit clin d’oeil pour Sex Toys, plus relevé.

Deux titres sont interprétés par d’autres Blindness par Metric

et Got What you need par Eve feat Drag on, le dernier amenant du hip hop, absent de cette B.O volontairement…. Quand les français vont à la conquête de nous york, ils le font avec leurs propres armes.
L’album est en écoute ici

Quant à Fantastic Nobody, ils relèvent le défi de créer une B.O qui convient parfaitement au film, mais on attend surtout de voir ce qu’ils peuvent faire avec leur EP prévu chez [Pias] Recordings France bientôt.

La suite donc au prochain numéro, fin 2012.

Retrouvez la critique ciné de « Nous York » chez nos amis de PKCiné !

Fantastic Nobody - Bo de nous-york

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