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Flash Pan Hunter : Quick Way To Enemy

A l’ombre de mélodies au goût vintage, Clark Gregg aka Flash Pan Hunter donne un souffle étrange à sa musique, mélanges intemporels d’harmonies lancinantes. De sa voix chaude, il introduit un tempo puissant, furieusement indompté. Son premier album Quick Way To Enemy est une petite tornade de notes pleine de répétitions, de discordances, de groove singulier explorés avec talent.

Oscillant entre folk, pop, blues, sa musique est inclassable tant elle est parcourue de fusion d’harmonies habituellement adverses, croisées de tempos concurrents, de cadences contradictoires qui pourtant ici se marient tendrement, comme si elles trouvaient là leur raison d’être, leur manière d’exister.

Avec d’autres tempos donc, les tempêtes de mélodies agrippent avec une douceur diffuse cachée sous les rythmes intenses tandis que les mouvements subtils de rock harponnent avec un chant mêlé d’une cadence pop.

Multi-instrumentaliste à la saveur irrésistible, Flash Pan Hunter livre un album de 11 pistes, enregistré avec Tim Bidwell (Kate Walsh) qui amène du folk crépitant à l’ensemble. Quick Way To Enemy mélange les rythmes, cumule les combinaisons ingénieuses, combine les harmonies bluffantes avec une liberté entière soufflée par la créativité de Clark Gregg.

11 pistes qui sont autant de promenades, saisissant un équivalent de rêve où le sentiment principal est l’amour. Ce thème irrigue l’album de part en part, et est abordé sous toutes ses formes, même celles politiquement incorrectes comme Rose Don’t do it qui se termine dans le meurtre.

Au sujet de cet album atypique, Gregg dit qu’il est à la fois un manuel pour se faire autant d’amis que d’ennemis, manuel de construction ou de destruction, comme bon vous semblera. Lui, est, si il fallait le rapprocher d’autres artistes, un peu dans la lignée de Fink, un peu de celle de Tom Waits (d’où le nom du groupe, tiré d’une chanson de Waits), blues aux accords tout contemporains assaisonnés aux soupçons de Thom Yorke.

Overcome Love with the Devil est un résumé du monde de l’artiste, à la croisée des notes diverses, baigné d’harmonies à l’essence versatile. Elle résonne d’une cadence hypnotique qui glisse, ricoche sur les instruments et se niche dans la voix de Clark Gregg. Plus loin, Moutains & Molehills hantée par une mélancolie teintée de folk délicat irradie de douceurs aux rythmes ravageurs.

Ici, plus que nul autre endroit, l’émotion n’est pas naïve mais intense, sans compromis, emplie de notes discordantes à la richesse infinie, cabossée comme peut l’être la vie.
Les rythmes savamment décalés s’enchaînent là, blues folk aux effluves pop où des guitares tentent de poursuivre le chant de Flash Pan Hunter et de le dominer comme sur Cranium.

De ce mélange délicieusement étrange, les mélodies tirent leur épingle du jeu comme sur How ! At the Moon,  à la mélancolie douce où la tension se laisse surprendre par le chant langoureux enlacé à une instru capiteuse.

Le chemin emprunté par Flash Pan Hunter n’est pas exempt d’obstacles, de ruptures, de douceurs acides illuminées d’un folk contraint à un rock lent, émaillé de voix rauques, telle une caresse de velours au rythme saturé de guitares rock comme sur Quiz Show.

Cordes anxieuses, guitares souples, voix puissantes, la pérégrination est étincelante comme sur Never Made, un peu dans la lignée de Paranoid Android, flottements mélodieux où la nausée est douce. Flash Pan Hunter se joue des contradictions comme sur Patchouli, les distille dans son album, les fait lutter en notes, les superposant avec une pop touchée par un psychédélisme inquiet.

La rythmique toujours changeante, le tambour tapis dans les recoins des mélodies, l’harmonica en mouvements irisés donnent une force subtile aux mélodies qui se font tour à tour coup de pied, gifle ou caresse indélébile. Sa pop mystérieuse est au centre de l’opus, naviguant à contre-courant, cassant les accords qui pourraient être traditionnels.

Flash Pan Hunter refait un conte sous forme d’un voyage décalé emprunt d’une poésie. Il dépose un baiser sombre et étranger par-delà les clivages et ouvrent des brèches dans l’ordinaire pour rappeler qu’un autre monde est possible, infini celui-là, les vagues de notes le retournant sans permissions, avec passion.

Tracklist :

1- Howl At the Moon
2- Overcome Love With the Devil
3- Quiz Show
4- Never Made
5- Rose Don’t Do It
6- Patchouli
7- The Chase
8- Cranium
9- Quick Way to Enemy
10- Mountains and Molehills
11- Sealed With a Kiss

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