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Idles : Welcome

Idles : Welcome

Idles est un quintette rock originaire de Bristol, composé de Joe Talbot au chant, Mark Bowen à la guitare et aux choeurs, Andy S à la guitare, Adam Devonshire à la basse et aux choeurs et Jon Beavis à la batterie.

Ici, si les guitares sont au centre du groupe, entêtantes et incendiaires, l’âme d’Idles est post-punk à souhait. Leurs mélodies sont à la croisée de Joy Division, de Bloc Party avec des effluves d’Interpol.

Là, pourtant s’arrêtent les comparaisons, car Idles est un groupe aux promesses infinies et à l’ardeur dévorante.

Adeptes du non-conventionnel, du hors piste total, Idles a le souffle profond et la passion au poing. Souvent, les deux guitares se cambrent, la basse crache et les batteries mordent. Joe Talbot est un punk explosif aux paroles intenses, nourri par une mélancolie impétueuse partagée par les autres membres du groupe.

Leur premier EP Welcome, sorti chez Fear Of Fiction, n’est pas une introduction, mais le vif du sujet directement, les entrailles du groupe offertes sur quatre pistes explosives.

Avec eux, les limites n’existent plus et leurs mélodies puisent dans leurs veines à la fois leur énergie et des rythmes saccadés aux accents délicieusement fougueux. D’allure désordonnée et tapageuse, leur musique a du chien, leur son de la colère.

Les pistes contenues dans Welcome brûlent les doigts et emmènent tout sur leur passage. L’intensité a la combustion lente, polyrythmique à souhait, l’atmosphère est captivante.

Les guitares tambour battants se distinguent, se frottent, se battent ou s’unissent langoureusement. Ici, le combat et l’étreinte se combinent, se chevauchent et s’affrontent dans des duels puissants. La voix de Joe Talbot vous envoûte, elle est un appel de fond, subtile, pleine de rage mêlée de tristesse.

Sauvages et indomptés, le déséquilibre est ici mélodique, lumineusement obscure.

Les contrastes sont chéris, travaillés, la menace tapie dans l’ombre. Frénétique musique tombée des cieux, embrumée, où l’explosion punk surgit là où on ne l’attend pas toujours, auréolée d’échos.

Sentiments contradictoires mélés, étrange équilibre entre deux notes où le paroxysme est à son comble, l’incandescence partout présente. La rage larvée parcourt l’épine dorsale de l’opus irrésistiblement, furieusement même et l’irrigue de mille feux.

26/27 est sombre, une progression dans les accords en est la trame. Ici comme ailleurs, l’assaut répété des guitares, la batterie furieuse et la voix profonde de Talbot forment une lame de fond où le fracas est un délice.

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Meydei suit, d’une férocité séduisante, avec des riffs de guitares anguleux, une ligne de basse battant la mesure et une batterie sauvage envoûtante. Talbot y pose sa voix et guide la mélodie intensément et sobrement.

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Quant à Germany, les réverbérations et les échos y sont tonitruants, l’énergie qui en émane vous met sur les genoux et est hautement addictive.

L’atmosphère singulière vous happe, le recul est impossible, être acculé au mur devient un plaisir et ouvre des portes. Comme sur Two Tones qui flirte avec le krautrock, un chant extrême, une brutalité délicate, dépouillée.

Idles est un groupe fascinant qui supporte le mauvais temps et a le goût pour la tempête, prêts à la déclencher même. Plein de bruits et de fureur peuvent mener au soulagement et c’est tout leur art, leur don.

Idles est une obscure clarté qui tombe des étoiles, violemment.

 

Deux pistes en plus, belles à en mourir, notamment Imagined Communities :

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