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La PreskITW – ANORAAK

La PreskITW – ANORAAK

Anoraak sort aujourd’hui son nouvel album, Chronotropic, pérégrination cinématique aux pays des rythmes alternant des tempos et des cadences pluriels. Onze titres oscillant entre une poésie lancinante jonglant avec des rythmiques persuasives et des pistes sereines aux troubles lancinants.

Énergie soufflante, Chronotropic est un horizon infini où se reflète une solitude imparfaite auréolée d’une foule de tempos des sens et de bouquets harmoniques irrésistibles. A l’écoute de cet album, le cœur s’emballe et bat la chamade en liberté comme sur Morning Light.

Rencontre donc avec Frédéric Rivière aka Anoraak, le jongleur de rythmes cardiaques, le faiseur d’harmonies électro pop où se mêle un goût de romantisme et de saveurs nocturnes dans sa musique entêtante.

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Pause Musicale : Chronotropic, est-ce le début d’une nouvelle ère ?
Anoraak : Je pense qu’ à chaque fois que tu fais un album, c’est un peu une nouvelle ère. Tu viens avec quelque chose de neuf sur lequel tu as bossé pendant longtemps. J’essaye de ne pas toujours faire la même chose donc oui, c’est un peu une nouvelle ère, enfin j’imagine, on verra. Il y a toujours des choses qui subsistent et certaines qu’on essaye de changer.

Là, j’ai surtout essayé de changer le visuel déjà pour que ce ne soit plus une évidence de retrouver des images de couchers de soleil qui ont toujours fait partie de mon univers. Sur celui-là, je voulais avoir quelque chose de très minimal sur le visuel, presque minimaliste, plus en noir et blanc. Que cela reste suffisamment abstrait pour que chacun puisse y mettre ses images et ses évocations.

C’est toi justement qui a choisi les visuels comme le clip ?
Le clip oui, le premier avec le skeater.

Par contre, le visuel de l’album m’a été suggéré par Accro, Etienne Bardeli le graphiste, avec qui j’avais déjà bossé sur l’album précédent. Et en fait, je ne m’attendais pas à cela, j’avais plus en tête quelque chose de photographique, mais en noir et blanc.

En fait, en discutant avec lui du concept de chronotropic, il est arrivé avec cela et j’ai trouvé cela parfait et j’aurais jamais pensé à faire comme cela. Il a amené sa pierre à l’édifice tout en respectant l’idée de l’album. Il m’a expliqué le pourquoi du comment qui marchait parfaitement avec l’idée que je m’étais fait de l’album, c’était un bon point de fermeture du concept.

Il y a toujours une forme de mélancolie dans ce que je fais.

Pourquoi ce nom Chronotropic et que signifie t-il ?
En fait Chronotropic, c’est le terme anglais pour désigner un chronotrope, ce qui n’a rien à voir avec les tropiques. En fait, c’est un terme générique médical qui désigne une substance qui fait varier le rythme cardiaque en positif ou en négatif. Ce n’est pas forcément une drogue.

Par exemple, un anesthésiste donne un produit à quelqu’un pour lui faire baisser le rythme cardiaque, c’est un chronotrope négatif. Cela vient de cela et comme sur ce disque-là, j’ai beaucoup plus de variations rythmiques qu’avant, en termes de tempos en tout cas, je trouvais que ça marchait parfaitement bien. Même personnellement, entre les 3 années que j’avais passé et mes deux albums, je trouvais que c’était le bon mot.

Entre ton premier album whenever the sunset et celui là, il y a du temps qui s’est écoulé, qu’as-tu fait?
On a pas mal tourné avec le groupe, parce que le premier album est sorti en septembre 2010 et que l’on a commencé à tourner en France pendant 6 mois, 1 an et un peu à l’étranger. Puis on a enchainé sur beaucoup de dates à l’étranger avec de nombreux allers-retours. Dès que je rentrais, je composais puis il fallait déjà repartir et faire des répets donc finalement je n’avais jamais le temps de me poser pour une période de composition clairement établie.

Cela a donc mis un peu de temps et puis, il y a eu des périodes un peu brouillons, où je faisais des trucs, puis 2 mois ,après je repartais à zéro. Il faut aussi savoir que lorsque tu as fini un album, qu’il est mixé, il se passe encore un certain laps de temps pour pouvoir le sortir.

Quand tu fais un EP, un  format court, tu peux le balancer assez rapidement car cela n’inclut pas les mêmes choses en terme de promotion, de distribution. En revanche, dès que tu t’attaques à un format long comme cela, c’est beaucoup plus fastidieux à sortir, parce qu’il faut calculer plein de trucs en avance. En réalité, Chronotropic est terminé depuis fin janvier début février maximum.

Affecting the rate of rhythmic movements, such as the heartbeat

Chronotropic est en écoute sur Hype Machine, c’est d’ailleurs assez rare pour un groupe français, comment ça s’est passé ?
En fait, on a une promo en France et une aux Etats-Unis, car ils représentent la moitié de mes ventes et c’était donc important de prendre quelqu’un pour assurer la promo sur ce territoire-là, ce que l’on n’avait pas fait pour le précédent.

Hype Machine, c’est un concours de circonstances. Avec le créateur de Hype Machine, on s’est rencontré un jour sur une de mes dates de concerts et lorsqu’on a commencé à envoyer les trucs de promo aux Us, il a aimé et ça s’est fait comme cela, en me proposant une première sur Hype Machine. Cela fait partie des choses qui font vraiment plaisir.

Tu as toujours eu un bon accueil aux États-Unis ?
Oui, toujours. Il y a pas mal d’éléments qui rentrent en ligne de compte. Déjà, tu profites de la bonne presse des musiciens français globalement aux Us, car ils aiment Justice, Daft Punk, Sebastien Tellier et Air.

En même temps, quand le premier morceau que j’ai eu a fonctionné, c’est en majeur partie grâce à myspace Us. Un des mecs de Mypsace Us est tombé sur ce morceau Nightdrive with you et l’a mis en highline profile, ce qui a multiplié mes écoutes par 20 ce jour-là. C’était complément dingue.

Du jour au lendemain, mes écoutes sont passées de 400 quotidiennes à 12 000, majoritairement américain. Quand cela arrive, tu te rends compte qu’il y a une queue de comète derrière et qu’elle fonctionne encore maintenant.
La part d’écoute entre la France, les Us et l’Australie a toujours été la même depuis 2008-2009, et c’est plutôt cool. Après, j’entretiens le truc, je vais régulièrement jouer là-bas, car j’aime vraiment ce public accueillant qui n’a pas les mêmes barrières que nous.

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