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La PreskITW : Auren

La PreskITW : Auren

Auren a la douceur et l’optimisme qui se mélangent, une détermination à fleur de peau et des harmonies qui permettent une envolée loin des temps gris, proche du soleil, entre pavés et plages, avec une pop à textes mêlant influences anglo-saxonne et française.

Son album, J’ose, sort aujourd’hui chez Naïve, dix titres tournant autour de l’amour, parenthèse enchantée aux accords délicats permis par l’artiste qu’elle est. Rencontre avec Auren, qui va au bout de ses convictions et signe son deuxième album en lettres de soleil.


PauseMusicale.com : Deux ans de tournée en France, un premier album De la tête aux pieds, autoproduit vendu à plus de 5000 exemplaires et des premières parties de Cabrel, Chris Isaak, Grégoire, alors pourquoi J’ose maintenant ?
Auren : J’osais avant mais moins je pense. Je crois que ça caractérise l’état d’esprit dans lequel je suis en tant que jeune femme comme en tant qu’artiste.
J’ose, ça veut dire avoir confiance en soi, s’affranchir du regard des autres, aller aux bouts de ses rêves et de ses convictions.

Artistiquement, c’est aller encore plus loin de ce dont je suis capable. C’est aussi oser utiliser des instruments parfois fantasques, oser faire des chœurs un peu bizarres et surtout aussi s’enrichir du talent des autres. Cet album, je l’ai réalisé avec Nicolas Dufornet, ancien bassiste de oui oui. Il foisonne d’idées, de références musicales, c’est vraiment un savant fou de la pop. Il m’a aussi permis d’encore oser plus, d’aller au-delà de mes limites et notre collaboration a vraiment fait que je ne pouvais clairement appeler autrement cet album.

PM : Comment s’est passé votre rencontre justement ?
A : En fait, on s’est rencontré par personnes interposées, c’est ça la magie des rencontres. Il a écouté toutes mes démos que j’avais enregistré à la maison et il a vraiment décelé quelque chose. Il a aimé les compositions, les mélodies, la voix et le chant. Je le remercie ici.

Et moi, j’ai aimé comment il a ressenti la musique et là où il l’a voulu l’emmener. Je lui ai laissé une liberté totale, en étant tout le temps là aussi,  lui disant « tu vas peut être un peu loin là » et il me disait « laisse-moi aller au bout de l’idée et tu verras bien » et moi je me laissais faire. Souvent, j’étais très heureuse de ces propositions, et vraiment il a été à l’écoute de mes envies, de mes goûts musicaux et de ce que je voulais faire et en même temps il s’est accordé une grande liberté sur ce qu’il sentait, c’est un vrai échange.

PM : Comment te sens-tu avec la sortie de ton album ?
A : Je suis très impatiente. C’est l’aboutissement d’un long travail, d’un long cheminement donc j’ai hâte que cet album aille rencontrer le public et les gens pour voir ce qu’ils en pensent. Je suis très heureuse et j’ai hâte de remonter sur scène.

[pullquote] J’ose, ça veut dire avoir confiance en soi, s’affranchir du regard des autres, aller aux bouts de ses rêves et de ses convictions. [/pullquote]

PM : C’est drôle, J’ose, on dirait que c’est ton premier album ?
A : Oui parce que le premier a été très important, il m’a permis de monter sur scène, de rencontrer des gens et de montrer que j’écrivais et que je chantais, mais musicalement il n’était pas encore abouti, comme un premier jet.

J’ose, il me ressemble à 100%, c’est vraiment la concrétisation de qui je suis en tant qu’artiste, de ce que j’ai envie de raconter, de dire et de transmettre. C’est un album positif qui parle d’amour, d’affirmation. Il est lumineux et puis, c’est la première fois que j’aurais mon disque dans les bacs.

PM : Comment s’est fait d’ailleurs la signature avec Naïve ?
A : En fait, nous, on a fait tout le travail artistique en amont et on l’a présenté. Ils ont aimés et ça s’est fait de manière très simple, rapide. Je suis très heureuse d’être signé dans ce label indépendant, cette maison d’artiste. J’aime le mot naïve qui me va très bien et puis j’aime comme ils développent leurs artistes. Il se dégage quelque chose, une liberté et ça reste accessible comme une famille.

PM : En parlant de leurs artistes, tu as fait les premières parties de Benjamin Biolay, comment ça s’est passé ?
A : C’était génial, j’en sors juste. Le cœur bat à 10 000, j’étais en guitare voix toute seule, j’étais à la fois très heureuse et j’avais peur. C’est un artiste que j’admire beaucoup, le meilleur dans la chanson française.

J’ai ouvert ses concerts en jouant 25 min et l’accueil était très chaleureux. C’était l’essence de mes chansons que je présentait avec une mélodie, une guitare et une voix. A la fin des concerts, j’allais à la rencontre des gens car j’aime sentir le public, voir dans leur regard ce qu’il ont ressenti, on est là pour partager et la rencontre d’après est tout aussi belle.

[pullquote] Je ne peux pas écrire en étant détachée. Mon cœur doit battre, résonner.[/pullquote]

PM : Tu fais de la pop aérienne, quelles sont tes inspirations et tes influences ?
A : En fait, moi, enfant, j’ai été baigné par la grande chanson française comme Berger, Gainsbourg, ce sont mes racines.  En grandissant, j’ai découvert la folk, la pop, Johnny Cash, Calexico. Un mixe entre chanson française et pop anglo-saxonne en somme.

PM : A l’écoute de ton album, on ressent une invitation à l’abandon et à la fuite des mauvais jours. Est-ce une philosophie de vie ?
A : Oui, je suis de nature hyper positive. Je suis quelqu’un de très enthousiaste, qui ne baisse jamais les bras. Ça fait partie de mon caractère et je suis heureuse que cela s’entende dans ma musique.

PM : Avec J’ose, on se demande si tu es bucolique ou urbaine, car les deux semblent être à égalité ?
A : C’est dingue que tu dises ça. C’est vraiment ce qui me caractérise. J’aime la ville, j’aime Paris, mais je ne peux pas me passer de la nature, j’y ai été élevé. Je vis en ce moment entre le sud, au bord de la mer, et Paris. En fait, les deux me sont vitaux. J’ai besoin de me ressourcer, de sentir la nature, d’être en contact avec la terre et je suis contente de la ville et du dynamisme qu’il y a.

PM : Tu as commencé la musique avec ta grand mère qui t’a enseigné le piano  à 7 ans, quel est ton parcours musical ?
A : En fait, c’est elle qui m’a fait découvrir Chopin, Debussy, Mozart d’une façon douce, donc je n’ai jamais abandonné l’instrument. Je n’ai jamais été blasé par le solfège. Pendant mes études, le chant a été mon échappatoire comme la musique. J’aimais écrire donc j’ai assemblé les deux.

PM : Qu’est ce qui t’as fait sauter le pas ?
A : J’ai réfléchi. J’avais mes études, puis un travail, mais je sentais qu’il fallait que j’aille là où je me sentais appeler. Pour dire vrai, j’alternais entre mon travail et la musique, en jouant dans les cafés concerts, faisant des premières parties et il y a un moment où je ne faisais bien ni l’un ni l’autre donc il fallait choisir et j’ai pris le plus risqué.

PM : Tu chantes en français, tu n’as jamais été tenté de le faire en anglais ?
A : En fait, sur scène je fais des reprises en anglais comme Johny Cash ou Nancy Sinatra, mais je pense que je n’ai pas la culture de la langue suffisante pour exprimer ce que j’ai au plus profond de moi et j’aime ma langue.

PM : L’amour et les sentiments sont au cœur de ton album, est-ce autobiographique ?
A : Je ne peux pas écrire en étant détachée. Mon cœur doit battre, résonner. Si je prend par exemple, la chanson Frida, ce n’est pas moi. C’est une femme des années 30 folle amoureuse, mais on peut toujours transposer, soit sur sa propre expérience, soit sur celles de ses amis.  J’aime beaucoup Frida, je suis bouleversée par ce qu’elle fait et ce qu’elle est en tant que femme. Je me retrouve dans le fait d’oser. J’aime écrire sur l’amour effectivement,pas forcément sur ce que j’ai vécu moi, mais il faut que cela me touche.

[pullquote] J’aime sentir le public, voir dans leur regard ce qu’il ont ressenti. On est là pour partager et la rencontre d’après est tout aussi belle.[/pullquote]

PM : Tu composes tes titres seule ?
A : En fait dès la phase de création, je sais composer mais j’adore m’entourer, m’enrichir du talents des autres, mettre mes mots sur la musique ou l’inverse pour enrichir ma palette. J’aime la collaboration, la rencontre, cet effet ping pong pendant la création. Parfois, je me mets au piano et la mélodie comme les mots viennent tout de suite, comme la dernière piste de l’album sur ma grand-mère.

PM : Tu parles de collaboration, justement tu aimerais travailler avec qui  ?
A : J’aimerais bien avec Benjamin Biolay, j’aime l’artiste et le travail qu’il fait pour les autres est somptueux. Comme JP Nataf et l’album qu’il a fait pour Mina Tiddle et Albin de la Simone. Gonzales aussi, je l’ai vu en concert, j’ai pris une claque. J’aime son travail avec Feist.

PM : Ton premier clip l’échappée belle est sorti, c’est toi qui la choisi ?
A : On a réfléchi. Aline Diépois et Thomas Gizolme, qui ont réalisé le clip, à l’écoute du titre, m’ont proposé de tourner en Corse. Je suis très attachée à la Corse depuis toute petite. J’y vais et j’ai ma meilleure amie là-bas. Le clip est en super 8, un peu rétro, beau.

PM : En ce moment, tu écoutes quoi ?
A : The Villagers, l’album est sublime. The XX cet hiver, récemment l’album d’Albin, cette sensibilité qu’il décrit dans ses textes sur le fait d’être un homme aujourd’hui me touche. J’écoute le dernier Vanessa Paradis et Oxmo Puccino, j’adore.

PM : Une citation que tu aimes particulièrement ?

A : J’aime les lire. Mon père avait l’habitude de me dire comme Aerosmith « Until your dreams come True » et ça m’a aidé. Il y a aussi « Aide toi le ciel t’aideras ». Je crois beaucoup en l’énergie que l’humain donne et à ce qu’il dégage pour arriver à quelque chose, même si cela prend du temps. Faire un parcours quel qu’il soit, humble et honnête. Peu importe le chemin, il nous mènera là où il doit.

PM : Que voudrais-tu que l’on retienne de ton album ?
A : Que l’on a passé un bon moment, qu’il a permis de s’évader et puis, que l’on ressente la joie d’être vivant, du plaisir et se dire qu’on a envie de ré-appuyer sur play.


Et si vous souhaitez la voir sur scène, sachez qu’Auren sera :
Le 15/06Médiathèque | La Seyne sur mer |
Le 22/06Les 3 baudets | Paris |
Le 27/06 – L’autre Thé | Paris |
Le 28/11 – 1ère partie Alex Beaupain | Espace Malraux – Six fours les plages |


TrackList :
1- Crocodile
2- J’ose
3- L’échappée Belle
4- Changer la donne
5- Frida
6- Il était une fin
7- En face
8- Qui m’aime
9- Seule dans mes draps
10- Comme la dernière fois.
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