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La PreskITW : Eiffel

Eiffel, c’est un quatuor composé de Romain Humeau au chant, guitare et compositions, Estelle Humeau à la basse, guitare/claviers, Nicolas Courret à la batterie et Nicolas Bonnière à la guitare. Eiffel a signé son grand retour avec son dernier album Foule Monstre, un album rock, aux sonorités différentes, sortie chez [Pias] France, l’occasion de rencontrer Estelle et Nicolas.

Dans quel état d’esprit êtes-vous lors de la sortie de votre dernier album ?
On n’a pas eu le temps de s’angoisser. On fait la promo, on a la tournée, des concerts, des répétitions. On est dans le cyclone. On est déjà dans “l’après album” depuis le mois de juillet. Cela n’a pas été pesant de faire cet album, donc on ne peut pas vraiment parler d’angoisse. C’est peut-être un peu de tension en moins. Étant donné qu’on a déjà fait écouter cet album aux fans en mai, on a déjà quelques retours. On aura une personne de plus sur scène avec nous (ils seront 5 avec Fred Ozan, ndlr), ce qui nous permettra d’avoir certains arrangements qu’on ne pouvait avoir qu’en studio. Préparer tout cela ne nous a pas laissé le temps de stresser.

[pullquote] La musique est assez vaste. Nous sommes éclectiques [/pullquote]

Comment est-ce qu’on choisit une musique qui passera sur scène ?
C’est toujours un choix un peu cruel (rires). On ne peut pas faire de concert de 4 heures non plus. On ne se dit jamais qu’on fait une chanson qui ne sera pas sur scène. On choisit les plus importantes, celles qu’on aime le plus, celles qui sont le plus rapide à monter en fonction du contexte et des arrangements disponibles. On essaie toujours de toutes les placer sur scène à un moment ou à un autre. Il n’y a pas besoin de tout avoir dès le début. Si ça se trouve, on sera pris par la tournée et on ne pourra jamais les jouer. A la base, on veut toutes les jouer ! (rires)
En étant 5 sur scène, on pourra rejouer des morceaux qu’on ne pouvait pas faire sur scène, comme Sombre qui comporte un morceau de piano. On peut redécouvrir des chansons.
En restant à quatre sur scène, on ne voulait parfois plus jouer des chansons de la même manière.

Vous avez plus de sons électros dans cet album, c’est une volonté de changer ?
Nous ne sommes pas des rockeurs, on écoute plein d’autres trucs. La musique est assez vaste. Nous sommes éclectiques. On a été considéré comme un groupe de guitares. Souvent sur scène nous étions à quatre guitares, pourtant dans chaque album il y avait des “portes” qui permettaient de sortir de ce classement en temps que groupe de “rock français”. On a beaucoup écouté Gorillaz par exemple.

[pullquote] On a confiance en notre musique et d’une manière ou d’une autre il y aura des gens pour l’écouter[/pullquote]

Et cela a inspiré votre cover work ?
Il n’était pas prévu ainsi ! Mais le genre de Gorillaz nous a tout de même inspiré les boucles, les machines et les synthés pour donner de la légèreté à cet album. Pour les textes de Romain (le leader, ndlr), il était difficile de ne pas avoir de textes trop “chargés” pour s’y adapter.

Les textes sombres font contrepoids par rapport à la musique ?
Exactement.

L’année d’enregistrement de l’album a-t-elle fait varier son contenu ?
Non pas tellement. Cette différence est dûe à la diversité de ce que nous avons écouté. En général, nous respections un “axe”. Pour cet album, si on voulait mettre une flute, nous la mettions.

[pullquote] Ce studio nous donne une certaine liberté. [/pullquote]

Eiffel est-il une tribu ?
Nous restons un groupe avant tout. On aime bien que des gens proches participent à nos albums. On ne va pas les chercher très loin, ils nous suivent dans notre tournée ensuite.

Comment se déroule l’enregistrement de l’album ?
Étant donné que nous avons un studio à Bordeaux, nous ne sommes pas forcément tous ensemble à enregistrer. Parfois nous ne sommes que deux en studio. Ce studio nous donne une certaine liberté. Nous avions beaucoup d’instruments et de matériel dans un coin, nous avons donc fait ce studio pour l’album précédent, quand nous n’avions plus de maison de disques. Cela nous laisse du temps que n’aurions pas dans un autre studio que tu dois louer pour une durée définie.

Qu’est-ce qu’on se dit quand on n’a plus de maison de disques ? –Entre leur dernier album et le précédent, Eiffel n’avait plus de label–
On se pose plein de questions (rires). De toute façon, on y va, et on sait qu’il va se passer quelque chose. On n’attend pas d’avoir la maison de disques pour le faire. On a confiance en notre musique et d’une manière ou d’une autre, il y aura des gens pour l’écouter. C’est ce qu’on avait fait au tout début d’Eiffel.

Vous avez une approche particulière par rapport à votre ancien album qui vous a fait signer chez [Pias] ?
Dans chaque album, il y a des choses que l’on aime plus ou moins. Il y a des trucs que l’on peut trouver moins bien réussi par rapport à ce que l’on a fait avant, par exemple au niveau du son.. On aime tous nos albums, même celui d’  « oobik and the pucks » (groupe formé par les membres d’Eiffel avant), un album bizarre où l’on été signé chez Warner, ça a fait un bide énorme mais on a fait ce qu’on voulait et c’était génial. Dans le dernier album, il y a des sonorités qui peuvent rappeler ce premier album, cette époque-là.

[pullquote]Disons que sans être des fins connaisseurs de la chose politique, on se sent citoyens concernés.[/pullquote]

Comment sont répartis les rôles chez Eiffel ?
Les textes sont faits par Romain, et même le premier groupe s’était monté autour des compos de Romain (musique et textes). Après, on se retrouve pour tout ce qui est arrangements, sonorités, etc… Dans Eiffel, cela fonctionne comme cela et ça fonctionne très bien d’ailleurs.

On vous sent très attentif au monde qui vous entoure, est-ce que cela vous influence ?
Disons que sans être des fins connaisseurs de la chose politique, on se sent citoyens concernés. Après, on ne se considère pas comme un groupe engagé. On nous le dit souvent, mais on ne l’est pas. Il se trouve que Romain, dans ses textes, parle de la société mais c’est plus un constat.

Mais vous avez quand même clôturé un congrès de la CFDT non ?
Alors ça n’a pas trop de rapport avec ça. On ne nous a pas demandé notre avis et si il avait été question de la défense des droits des salariés, je ne crois pas que ce soit vers la CFDT qu’on se tournerait… C’était une date au milieu de la tournée, bon voilà..
Après jouer pour certaines causes, comme le Droit au Logement, le soutien après le tremblement de terre au Chili,…   Ça, on a fait et on aime faire.
On a fait Vote on the Rocks pour inciter les jeunes à prendre leur cartes d’électeurs et à aller voter (organisé par Kemar de No One Is Innoncent). A partir du moment où la cause nous semble chouette à défendre, on en refera encore. Mais on a pas de message à délivrer dans nos textes, c’est plutôt une observation de ce qui se passe, de ce monde qui bouge autour de nous.

Le titre de l’album « Foule Monstre » fait d’ailleurs référence à tout ça non ?
La chanson « Foule Monstre » serait plus un aller/retour entre l’individu et la foule, comment un individu peut se fondre dans la foule, et comment la foule, composée de toutes ces individualités, devient belle.

[pullquote] A partir du moment où la cause nous semble chouette à défendre, on en refera encore. Mais on a pas de message à délivrer dans nos textes, c’est plutôt une observation de ce qui se passe, de ce monde qui bouge autour de nous.[/pullquote]

Votre livre de chevet en ce moment ?
John Kennedy Toole – La Bible de Neon et La Conjuration des Imbéciles.
C’est un auteur qui s’est suicidé car ça ne marchait, il n’a pas été édité de son vivant et c’est sa mère qui a dû courir après les maisons d’éditions pour qu’il soit publié.

Vous avez tous des inspirations musicales communes ?
Blur ou Gorillaz, on a beaucoup écouté et ça fait partie de nos inspirations communes. Et avant ça, les Pixies ou les Beatles. Et d’ailleurs, le nom fait référence à une chanson des Pixies.
Pour trouver le nom (Eiffel), on a gratté des carnets entiers d’idées et c’est celui qui a surnagé, on se demande pourquoi parfois mais c’est comme ça.

Sur cet album, vous avez des chansons qui vous tiennent particulièrement à cœur ?
Ça bouge pas mal, ça change au fil du temps. Il y a des chansons qu’on aime plus sur l’album et d’autres qu’on préfèrent en concert. On les joue toutes (enfin quasiment) mais après il y a plus de libertés sur certaines que l’on peut rallonger…

Dans vos albums, il y a souvent une porte vers un nouvel style, comme « Puerta del Angel » sur cet album. C’est une nouvelle voie pour un futur album?
Je sais pas si c’est une nouvelle voie mais c’est une porte/une ouverture. Et c’est aussi le nom d’une porte à Barcelone. Mais des portes comme celle-ci, il y en a eu d’autres dans chacun des albums.

[pullquote]Pourquoi on aurait peur d’internet ? C’est un média qu’on utilise.[/pullquote]

Vous trouvez qu’il y a une attente plus grande pour cet album ?
Au printemps, on a fait cette pré-tournée dans des petites salles. On a joué devant des fans qui nous attendaient et c’était génial. La communauté qui nous suit, notamment sur internet, était impatiente et ça on l’a sentit.

Ça tombe bien que tu parles d’internet, ça ne vous fait pas peur à vous ?
Pourquoi on aurait peur d’internet ? Ce n’est pas trop le moment d’avoir peur du net. C’est un média qu’on utilise. Par exemple, notre site est un site communautaire, ce sont les fans qui l’ont créé. On s’exprime, ils s’expriment, on échange. Pour ça internet, on adore. Après, il y a Facebook, plus dans l’instantané, où l’on trouve moins d’infos. Et ça, on aime moins.

Quels sont vos projets dans les semaines à venir ?
La tournée que l’on espère durer 1 an, 1 an ½.

Eiffel sera en concert le 28 novembre au Trianon et dans de nombreuses autres villes.

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