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La PreskITW : Hymnalaya

L’Islande a ses petites parures de pierres précieuses musicales : Björk nous a fait vibrer avec son dernier album Bastard en 2012, Sigur Ros a adouci nos tympans avec Valtari en mai dernier, Múm nous a donné envie de courir tout nu dans un pré… mais sachez qu’ils sont loin d’être les seuls, ces joyaux de la musique éthérée aux émotions multiples et variées.

Hymnalaya, tout droit sorti du pays où l’on projette d’interdire l’industrie pornographique, a l’audace et la qualité de faire vibrer les corps et de donner des orgasmes en ré mineur. Laissons un instant nos tympans au service d’Hymnalaya.

Produit dans le même studio qui a servi à l’enregistrement de Sigur Rós – le sundlaugin studio – Hymnalaya a vu son premier album sortir, Hymns, sous l’impulsion d’Alex Somers. C’est une grande famille qui compose le groupe d’Hymnalaya, une très très grande famille : toujours épaulé par des artistes extérieurs en fonction de leurs morceaux (violonistes et violoncellistes de talents). Il se compose principalement d’Einar Kristinn Þorsteinsson (chanteur, guitariste et parolier), de Gísli Hrafn Magnússon (guitariste) et de Kristofer Rodriguez Svönuson (percussionniste et batteur).

Il est toujours laborieux pour un musicien de décrire sa musique, celle-ci parlant toujours d’elle-même. A l’image d’une métaphore dans un poème de Verlaine, la musique arrive au secours d’un vocabulaire que l’on ne détient pas toujours pour évoquer un sentiment. C’est le cas d’Hymnalaya : La musique parle d’elle-même, elle est éthérée, simple, claire, mais forte et complexe dans les messages qu’elle transmet.

A lire, à écouter, à ressentir, mais impossible à détester: ces sons aux couleurs ethniques et ambiantes, cette musique indie a déjà son profil sur l’Iceland music report ainsi que de nombreux fans sur leur facebook : autrement dit, beaucoup de gens qui écoutent Hymnalaya pour un si petit pays… La toile nous permet aujourd’hui d’accéder à la richesse d’une musique qui s’internationalise et nous transporte au-delà des frontières.

Je suis donc allée à la rencontre de ce groupe de musiciens adorateurs de leurs terres pour leur poser quelques questions. Kritosfer, le batteur, y répond : un musicien aux baguettes d’argent, au cœur d’or et à l’intelligence modeste.

Hey Kristo, donc tu es le « leader » de la bande ? D’où t’es venue cette idée de fonder un groupe et comment vous êtes-vous tous connu ?
J’ai monté le groupe il y a un an avec Einar Kristinnand Gisli Hrafn (parolier et guitariste du groupe). On a fondé le groupe ensemble mais beaucoup de gens très talentueux nous ont aidé, on a jamais été seuls, c’est qui était excitant. Il faut savoir qu’avant Hymnalaya, on a beaucoup joué dans des groupes différents pendant cinq ans, beaucoup, beaucoup de groupes différents. Le reste de la bande est un « condensé » de potes avec lesquels on avait déjà participé à quelques projets par-ci par-là. C’est la musique qui nous a tous réuni.

Alex Somers, le petit-ami de Jonsi (chanteur de Sigur Ros) avec qui il a collaboré dans la BO du film We Bought a Zoo et fondé le duo « Jonsi&Alex », participe activement à votre projet. Vous devez être vraiment fiers…
Alex est un ami formidable en effet. Il a un cœur gros comme ça. Il a produit Hymns, notre premier album. C’était un véritable honneur de travailler avec lui et d’apprendre à le connaître. Évidemment, nous sommes extrêmement fiers de cette expérience !

Quand on réalise qu’Hymnalaya est une grande famille d’instruments : violons, violoncelles, tubas, percus, chanteur…On est surpris de constater que paradoxalement : beaucoup d’instruments pour une musique d’une grande simplicité…
C’est vrai, le calme et la simplicité de notre musique est bien présente et ce dans un seul but : faire passer un message fort, tout en étant simple  : l’espoir. Avec une musique éthérée comme tu le dis très justement, l’auditeur peut faire partie de l’aventure : espoir et amour sont deux choses que l’on espère faire partager au travers de notre musique.

Vos influences majeures ? Si tu pouvais, toi, me donner tes trois artistes préférés, ça donnerait quoi ?
Les membres du groupe viennent tous de différents styles musicaux, certains sont plus classiques quand d’autres sont branchés Jazz. On a des goûts extrêmement différents en musique. Pour ma part, j’adore Nina Simone, Bob Marley, Bob Dylan et bien d’autres encore !

Pourquoi écrire des chansons en Anglais et non en Islandais ?
C’est Einar Kristinn Þorsteinsson qui écrit toutes les chansons. J’imagine que le fait d’écrire en Anglais permet à notre musique d’être plus accessible à tous. De ce fait, un français par exemple qui ne parlerait pas l’islandais pourrait comprendre nos chansons grâce au caractère universel de la langue anglaise et le message passerait mieux.

Un de vos titres Colt for a King est le premier de l’album Hymns, peux-tu nous parler de ce titre, qu’évoque-t-il ?
Le nom de la première chanson Colt for a King relate l’histoire d’un âne qui pénétrant dans une ville est accueilli par les chants d’un peuple. L’âne est persuadé que les gens sont réunis là pour lui et uniquement pour lui : il en devient fier et arrogant. Il se rendra compte plus tard que ce n’est pas lui que le peuple loue, mais l’homme sur son dos. Une belle leçon de morale.

Hymnalaya  : votre groupe sonne comme un nom de temple aztèque, est-ce une manière de marquer au fer rouge votre identité, comme pour fonder votre « hymne » propre ?
Trouver un nom n’a pas été chose facile et cela nous a pris des mois pour trouver celui qui allait nous plaire à tous et conviendrait à notre musique. Nous voulions que notre groupe invoque d’anciens hymnes, des chants inspirés par la gloire des dieux, la grandeur, la poésie… tout en évoquant le caractère ethnique qui est propre au clan, à la famille et la tribu. Il nous a alors semblé qu’Hymnalaya coïncidait parfaitement avec toutes ces idées, il nous a inspiré naturellement : une montagne d’hymnes, voilà ce que représente notre groupe. « Patience » « Mind Blown » «Everything ».

Êtes-vous le genre de groupe qui préfère laisser l’avenir de côté et opter pour une philosophie épicurienne du Carpe Diem ou bien avez-vous déjà des projets concrets pour la suite : tournées, un autre album, des courts métrages à la Sigur Ros, etc. ?
On a déjà des projets de concerts et de festivals ici en Islande cet été ! On projette également de tourner à l’étranger, particulièrement faire le tour de l’Europe, on espère pouvoir le faire en croisant les doigts très fort et ce le plus vite possible! On est aussi en quête de promoteurs et de labels pour la suite, les choses se concrétisent plus vite qu’on ne le pensait en réalité et cela nous enchante beaucoup.

Quelle est la chanson que tu préfères d’Hymns ?
Celle que j’affectionne particulièrement est Svarta pour le paradoxe qu’elle dégage : un rythme entrainant et une simplicité étonnante, sans parler des paroles, que je trouve fortes.

Quelle est votre plus belle expérience musicale jusqu’ici quand bien même il est très difficile de choisir ?
Effectivement, bonne question…Il y a un petit bar en Islande qui s’appelle Hemmi & Valdi, situé à Reykjavik. Ce lieu est tellement petit que le public se mélange presque au groupe, tous le monde fait de la musique. Toutes les expériences musicales font preuves d’originalité, c’est notre expérience la plus belle et la plus émouvante et je pense que c’est ici, dans ce lieu, que j’ai eu le meilleur souvenir de mes expériences musicales.

L’album est en téléchargement gratuit ici.

TRACKLIST :

1 – Colt for a king
2 – II
3 – Riddles
4 – IV
5 – In my early years
6 – Patience
7 – Mind blown
8 – Shapes and sounds
9 – Everything
10 – X
11 – Svarta
12 – XII

La PreskITW : Hymnalaya

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