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La PreskITW : Le Prince Miiaou

Le Prince Miiaou sort son dernier album intitulé Where Is The Queen ?

Adepte des récits sous forme d’interrogations et des chamboulements des sens qui remettent les certitudes en jeux, Maud explore les limites sous formes de mélodies tempétueuses où le calme s’y conjugue avec la rage, où les extrêmes s’équilibrent loin d’une ligne de convenances, avec espièglerie et minimalisme.

Le Prince Miiaou discute avec ses tripes, tisse la toile de ses harmonies à coup d’âme, à la force de ses bleus. Ici les caresses sont des ecchymoses douces, les étreintes des vertiges et la douceur ambiguë envahie au plus profond du cœur. Where Is The Queen ? n’est pas une question, elle est une recherche d’un horizon poétique et d’une mise en danger, alors que la société semble quant à elle trop prôner l’immobilisme et le conformisme.

Where Is The Queen ? est la révolution en marche, une réforme du cœur et une suppression des privilèges d’un confort suranné. L’album parle de faire aboutir ses rêves et de supprimer toute sorte de servitude, sublimant les contraintes. Rencontre avec une artiste atypique à la force douce, aux talents multiples.

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Pause Musicale : Le Prince Miiaou, un nom français, des mélodies en anglais, un masculin dans le titre, une voix féminine en réalité : explores-tu les contraires, les contrastes et les contradictions et aimes-tu naviguer en eaux troubles ?
Le Prince Miiaou : Oui. Tout à fait. J’aime bien brouiller les pistes. J’aime par exemple écrire des paroles joyeuses sur une musique très triste. J’aime le contraste.

En fait, tu as tout résumer, il n’y a rien de plus à dire. A part confirmer que c’est effectivement cela que je cherche à faire, à embellir, à passer par des clairs-obscurs qui mettent forcément en relief un passage calme si derrière cela explose.

Pour le nom, je trouvais cela plus marrant, en tout cas pour mon projet, que de m’appeler Maud Elisa. C’était plus mystérieux aussi, avec le masculin, je voulais qu’on ne se dise pas c’est un énième projet de filles, ce qui est peut être le cas avec le « miiaou » qui peut-être plus naïf, mais en tout cas qu’on ne sache pas trop au moment où l’on écoute le disque.

Tu explores également des genres différents, tu gravites dans des mélodies autres, aimes-tu les métamorphoses plurielles et les réinventions de ton identité artistique ?
On les cherche tous d’un disque à l’autre. Moi en tout cas, j’aime vraiment qu’il y ait du relief dans un disque, que ce ne soit pas le même morceau du début à la fin donc j’essaie de me réinventer.

Pour moi, c’est une évidence, mais après il y a une personnalité qui est là, une façon de faire de la musique et des goûts qui ne changent pas. Il y a donc toujours une patte qui est présente je crois.

Même si j’essaye d’explorer à la fois des choses différentes comme des débits plus rapides, des mélodies plus aiguës, on me dit quand même que cela reste du Prince Miiaou, bien que pour moi, cela change.

« On a appelé le disque Where Is The Queen ? Un jour, je n’arrivais pas à dormir et j’ai imaginé la suite de cette question. »

J’essaye également d’un titre à l’autre d’amener un peu de contrastes, d’être plus éthérée et plus calme et puis après, sur un autre morceaux plus énervé. Par exemple, entre Alienor plus sombre et Alaska, il y a un écart. J’aime ça, je suis plurielle. Je suis multi-facettes. J’ai des envies différentes qui sont parfois contradictoires comme ces deux chansons qui sont deux morceaux qui n’ont rien à voir dans leur ambiance et cela ne me dérange pas.

Je ne pense pas que ce soit antinomique, je ne pense pas non plus qu’il y ait d’incohérences dans le disque. On y passe par mes différentes humeurs et états d’âme. Il y a des jours plus calmes et des journées plus folles.

Je trouve que ça fait un peu parcours d’une vie avec tous ses sentiments différents ?
Effectivement, ça peut résumer plein d’émotions que l’on a ou que l’on traverse et j’aime ce relief également au niveau des rythmes, des émotions, des pistes : les contrastes dans un même morceaux.

« J’ai des envies différentes qui sont parfois contradictoires. »

Derrière des textes poétiques, une force se dégage auréolée de douceurs qui peuvent être comme des failles ou des faiblesses, comment équilibres-tu aussi parfaitement cela ?
D’après ce qu’on dit de moi, c’est ce qui vraiment me définit. Je suis quelqu’un qui est pugnace et en même temps, je suis très fragile, parce que je n’ai pas confiance en moi. Ces fragilités et ces failles, c’est l’honnêteté que je mets dans mes paroles mais après, j’essaye aussi toujours d’être courageuse.

Comme Alaska, c’est une manière un peu au second degré d’expliquer mon ras-le-bol de ma manière d’être dans ce titre-là. C’est justement parce qu’il y a un moment de doute que je peux m’autoriser après un moment où je vais crier. Je suis toujours dans ce contraste, je suis forte même si c’est pas facile.

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