Close

La PreskITW : Qosmonaut (Cracki Records)

Qosmonaut, ce sont des beats aériens, un peu de funk, un soupçon de vaporeux et des vagues de tempo chavirant. Plusieurs cordes à son arc : membre fondateur du délicieux label Cracki Records et manager d’Isaac Delusion, Qosmonaut est pluriel comme les nuages. Bienvenue dans son univers lancinant et addictif qu’il vous fera découvrir le 13 février au Batofar.

Hello, peut-être peux-tu commencer par nous expliquer comment on devient Qosmonaut ?
Qosmonaut : C’est une bonne question parce que j’ai commencé par le rap il y a longtemps du côté de Versailles. J’ai découvert le HipHop quand j’avais 8 ans. Je suis passé par le break dance, par le graff, puis le rap. J’ai commencé à enregistrer des trucs. Pour cela il fallait créer des instrus. Ces instrus il fallait les mettre sur un site internet, donc j’ai appris à faire des sites. Puis du graphisme, et de la promo. J’ai toujours appris sur le tas.

Le HipHop est à l’origine une culture de mélange. Je suis allé chercher des samples de classique du jazz, de la house aussi. Ça m’a ouvert à tous les styles de musique. J’ai surtout pris une grosse baffe avec la musique électronique durant mon année de stage à Berlin dans le label BPitch Control (Ellen Allien,…). Pendant un an je suis énormément sorti, j’ai écouté beaucoup de très bons sons.

Pendant cette année-là, je n’ai pas eu le temps d’apprendre à mixer mais au moment de retourner en France, j’ai eu peur. Peur de retrouver une ville morte et de m’ennuyer…C’est là que j’ai appris à mixer.

[pullquote]Qosmonaut, un jour retombera sur Terre, et un EP en sortira.[/pullquote]

Et tu mixes depuis combien de temps du coup ?
Ça doit faire deux ans maintenant. Avant, j’étais beaucoup plus producteur que DJ.

Et c’est cette peur du vide qui t’a finalement emmené vers les platines ?
Oui, c’est cette grosse claque, ouais. Quand je suis revenu, j’ai travaillé dans deux festivals en même temps, dans une radio, j’ai appris à mixer, j’ai créé mon association d’évènementiel, j’ai commencé Cracki Records. J’ai fait plein de choses, je suis devenu en quelque sorte hyperactif.

Et le personnage Qosmonaut c’est un peu tout ça. Ce mec, à la fois, un peu la tête dans les nuages mais aussi ce garçon sans attache, qui divague. C’est aussi un métier inaccessible, surtout aujourd’hui. Quand tu es petit, tu veux toujours être cosmonaute mais c’est impossible. Finalement, ce Qosmonaut, c’est un mec un peu anachronique.

Et bizarrement, contrairement à cette image de mec perdu, ça a l’air d’aller. Ça se construit autour de toi, tu as l’air de savoir où tu vas donc c’est un peu paradoxal ?
C’est marrant mais non. La partie Qosmonaut que j’essaye de développer est comme ça, mais c’est vrai que je le laisse souvent vivre dans son espace-temps, par manque de temps justement. Après c’est vrai qu’il y a le reste, le label, et là j’ai dû m’organiser par la force des choses et apprendre à le gérer. Après, c’est difficile de savoir où je vais. Je veux juste faire du bon son.

Pour Qosmonaut, les projets en sont où ?
Ça fait tellement longtemps que je veux sortir un EP avec Qosmonaut, mais j’ai de moins en moins le temps, notamment avec Cracki qui est hyper jeune (1 an) et qui demande de l’investissement. Cracki Records, c’est une petite structure au fonctionnement très familial finalement, et on est un peu dépassé par les évènements. C’est hyper dur à gérer parce que tout s’enchaine très vite.

[pullquote]Et le personnage Qosmonaut c’est un peu tout ça. Ce mec, à la fois, un peu la tête dans les nuages mais aussi ce garçon sans attache, qui divague. Un mec un peu anachronique.[/pullquote]

Avec Isaac Delusion, on prépare une tournée d’un mois aux USA pour très bientôt. Et forcément, Qosmonaut passe après. Mais il ne s’efface jamais complètement.  J’écoute énormément de son, j’ai plein de prods, mais je n’ai pas vraiment le temps de finaliser pour faire un EP alors voilà…

Quand on a vécu 1 an dans la ville de l’électro européenne (Berlin), comment revient-on à Paris et qu’est-ce que Qosmonaut et Cracki essayent d’apporter à la scène électro Française ?
On n’essaye pas d’apporter quoi que ce soit. On a jamais eu l’arrogance de penser qu’on allait apporter une vraie différence. Par contre, même si Cracki existe depuis seulement 1 an, les soirées existent depuis plus longtemps. Et ces soirées, on les a fait parce qu’on s’ennuyait, qu’on était jeunes et pauvres et que les clubs c’était chiant. Toujours les mêmes, toujours la même population. Du coup, c’est venu naturellement.

Un canapé dans la rue, on faisait jouer tous nos potes et voilà. On a toujours fait jouer tout type de musique (electro, folk, hiphop…). Et d’un coup, on s’est retrouvé être une sorte de pendant alternatif à la culture club parisienne, peut-être à cause des soirées dans les usines désaffectées, des soirées un peu secrètes. Bref, on aimerait bien continuer à faire ce genre de soirée qui représente bien cet esprit, notre esprit.

Et l’avenir pour Qosmonaut et Cracki, tu vois ça comment ?
Déjà pour Qosmonaut, il faudrait que j’arrive à faire mon EP. J’en ai vraiment envie. Mais il faut que je choisisse le style, car je mixe de la techno, de la house, du funk… Donc pour l’instant, il n’y a rien de concret. Je continue de jouer mes sets dans des soirées. C’est difficile de se projeter dans le futur. Qosmonaut, un jour retombera sur Terre, et un EP en sortira.

Pour Cracki, il y a un an, ça n’existait pas. Il y a 6 mois, on était content de faire notre premier concert à l’étranger et depuis on a fait Pitchfork, on a été aux USA. Ça va très très vite ! C’est donc impossible de savoir ce qu’on va faire après. Aujourd’hui, quand je vois qu’Isaac Delusion est en playlist sur France Inter et l‘Impératrice sur Nova… Il y a encore plein de belles choses à faire.

qosmonaut

Close