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La PreskITW : Match

Il est des musiques, qui ont un souffle brut, une construction sublime et qui s’impose comme une évidence. Match pour sa première chanson Dying Kings relève le défi. Match, ce sont quatre amis aux influences labyrinthiques, qui les fusionnent avec leur identité pour en créer une polymorphe et hautement addictive.

Ils dévoilent leur âme avec une piste poétique de 6’09. 6’09 de métamorphoses auditives et vocales, euphorisante à souhait, intensément singulière. La batterie électrise l’ensemble, la voix hante de son timbre chavirant, consumant l’oxygène avec délectation, les guitares sont obsédantes.

Match sait tisser des harmonies lancinantes, où la mutation est poétique et inattendue, presque mutine. S’il fallait les classer, ce serait sans doute dans le clan de Alt-J pour l’art de la construction multicouche rêveuse et de Suuns pour le côté rock sensuel aux effluves envoûtantes.
Match, ce sont de séduisants perfectionnistes, des poètes de la conversion, des troubadours de l’évolution, des chantres de la modification sonore à l’infini. Ils ont compris ce que Malraux disait : « Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité, c’est celui de la métamorphose », eux le font en un peu plus de 6 minutes.


Nous les avons rencontrés, interview groupée à 4 voix avec une seule et furieuse envie après celle-ci : écouter d’autres pistes d’eux, vite.

Match, qui êtes-vous et comment vous êtes-vous rencontrés ?
Nous sommes 4 copains, Simon, Aurélien, Gwenaël et François.
Simon : Nous sommes tous des amis d’enfance, au début plutôt consacrés au dessin, puis nous nous sommes mis à chanter ensemble, d’abord pour s’amuser, puis les harmonies sont venues, de manière très naturelle, on prenait de plus en plus de plaisir à jouer ensemble, échanger.
Gwenael : On se connaissait tous depuis longtemps. C’est assez drôle mais nos premières rencontres n’avaient rien de musicales. C’est à force de se fréquenter, de jouer ensemble qu’on a réalisé qu’on pouvait envisager de créer quelque chose. L’idée du groupe s’est vite révélée être une nécessité.
François : Simon parle de dessin parce qu’on s’est rencontré tous les deux à l’école primaire, on dessinait des trucs ensemble sur les murées. Après on s’est mis à jouer de la guitare, ça faisait plus de bruit.
Aurélien : C’est grâce à François en ce qui me concerne que j’ai pu rencontrer les deux autres. On jouait déjà de la musique ensemble depuis quelques années, et le courant est naturellement passé lorsque j’ai connu Simon et Gwen.

Chacune de nos chansons ont des couleurs associées quand nous en parlons, peut être est-ce notre manière de décrire le son. […]Essayer de tendre à un mélange parfait entre organique et mécanique.

Pourquoi avoir choisi ce nom « Match »? Pour le côté combinaison, puzzle aérien et profond, et l’alchimie se dégageant de votre musique ?
François : Haha nous n’aurions pu mieux le dire !
Simon : MATCH c’est un peu l’harmonie, le jeu, l’envie de former un groupe de personnes pouvant, ensemble, créer quelque chose.
Gwenael : On cherchait un nom court, bref, simple d’accès. On discutait un soir sur un balcon avec François, j’ai dit « Match » il a dit « pourquoi pas ».
Aurélien : Oui on cherchait un truc simple qui traduisait cette harmonie qui se dégage lorsque l’on est tous les 4, un nom qui a été rapidement adopté par l’ensemble.
François : « Match » ça implique aussi l’idée de complémentarité et d’altérité entre nous 4, chacun apporte quelque chose d’indispensable à l’ensemble. On faisait déjà tous de la musique de notre côté et quand on a monté MATCH on s’est vraiment demandé pourquoi on avait pas fait ça avant.

Quel est votre parcours musical à tous les 4, car à écouter votre musique, il semble que vous veniez d’horizons multiples et que vous alliez tous dans des directions infinies et plurielles, en osmose tous les 4 ?
Simon : Nous avons tous appris la musique par nous même, dans nos chambres, évoluant avec des influences très différentes, nous sommes désormais un peu tous multi-instrumentistes, allant de la trompette et l’autoharp au microkorg et l’Ipad !
Aurélien : Pour être franc, j’ai commencé par des trucs totalement différents quand j’étais petit. J’étais à fond dans le rap et le hip-hop vers mes 14 ans. Mais petit à petit je me suis tourné vers des musiques plus progressives, plus folk. Au final, notre parcours musical à tous les 4 est super différent et je pense que c’est ça qui fait notre force. On apprend des autres et on a toujours plein d’univers à explorer, des influences à découvrir.
Gwenael : Nos parcours musicaux sont assez drôles, j’ai commencé par jouer de l’accordéon pour faire comme Yann Tiersen, maintenant j’utilise des samplers, un clavier et des percus. Tout le monde est touche à tout, curieux. On écoute aussi tous beaucoup de musique, ça aide forcément à trouver un leitmotiv, nos influences se croisent, ça donne Match, c’est plutôt cool.
François : Avant on composait chacun de notre côté, avec des lignes directrices bien arrêtées pour certains (Simon fait de la pop orchestrale géniale en solo, écoutez Baikal Amour Magistral !) ; du coup quand on met tout en commun ça fait des étincelles, c’est ça qui est intéressant.

« Match » ça implique aussi l’idée de complémentarité et d’altérité entre nous 4, chacun apporte quelque chose d’indispensable à l’ensemble.

Comment créez-vous ? Tous ensemble ou chacun s’occupe de sa partie ?
Simon : La création est véritablement collective et tout se construit de manière intuitive.
Aurélien : Bien souvent, je dirais que quelqu’un arrive avec une idée, un riff, une voix… Il la présente aux autres, et là les connexions se font de suite !
François : Ce qui est cool, c’est que comme personne n’est assigné à un instrument précis, chacun peut amener des idées sur l’arrangement des morceaux, que ce soit des notes de clavier ou un break de batterie.
Gwenael : Comme je l’ai dit avant, on est curieux, on explore quitte à se tromper, tout le monde y va de son grain de sel, apporte ses idées. Le fait qu’on sache jouer plusieurs instruments aide beaucoup, on n’est jamais à court d’idées.

Vos harmonies sont des constructions sonores qui ont la capacité de se transformer au gré de la piste et s’emboîtent parfaitement, comment faites-vous, vous savez dès le départ où vous voulez aller ou vous vous laissez porter par l’inspiration ?
Simon : C’est étrange, les harmonies se fondent naturellement, même si parfois certaines structures sont complexes, les mélodies sont un peu à l’intérieur de chacun de nous. Peut être que l’on se connaît plutôt bien !
François : Heureusement que l’on a Simon et Aurélien avec nous tout de même. Ce sont de vrais petits chefs d’orchestre quand il s’agit d’harmonies vocales. Quant aux constructions sonores, il y a pour ma part quelque chose de très mathématique dans la façon où les instruments se répondent. Mais ces mathématiques doivent toujours partir d’une impulsion créative désordonnée, humaine. C’est de cette façon que l’on retrouve cette idée de confrontation mécanique et organique jusque dans les structures. Et puis il faut aussi que ça crache quoi.
Aurélien : C’est marrant car je chantais avec François depuis pas mal de temps et lorsqu’on a débuté le projet avec Gwen et Simon, les harmonies sont venues de suite. Il n’y a pas de grande réflexion, chacun trouve sa place facilement et au final c’est peut-être ça qui donne cette impression de fluidité.
Gwenael : C’est le truc le plus instinctif du monde, avec Simon, on a tellement l’habitude de chanter tous les deux que ça en devient presque prévisible, on sait avec exactitude ce que va faire l’autre, le mieux c’est d’arriver à se surprendre, là, ça devient magique.

Nous sommes désormais un peu tous multi-instrumentistes, allant de la trompette et l’autoharp au microkorg et l’Ipad !

Comment décririez-vous votre son ?
Simon : Chacune de nos chansons ont des couleurs associées quand nous en parlons, peut être est-ce notre manière de décrire le son.
François : Comme je le disais, essayer de tendre à un mélange parfait entre organique et mécanique.
Gwenael : C’est à peu près comme en écriture, lorsque tu écris, tu ne peux pas tricher. La manière dont tu assembles les mots, dont tu construis tes phrases traduit énormément de ce que tu as au fond de toi. Le fond devient la forme. Match, c’est exactement ça, quatre cerveaux qui ensemble ont organisé des sons tels qu’ils les concevaient au plus profond d’eux.

Vos sources d’inspiration, quelles sont-elles ?
Simon : J’aime les histoires que racontent les photographies.
Aurélien : Moi j’aime bien associer la musique à des paysages, une image simple et harmonieuse.
François : Pour les textes, ça parle beaucoup du passage de l’enfance à l’âge adulte, ce qu’on y perd, ce qu’on y gagne.
Gwen : Je m’inspire pas mal de mes voyages, de l’émotion que peuvent dégager certaines situations. J’aime aussi les foules, l’énergie que peut dégager une ville.

Quant aux constructions sonores, il y a pour ma part quelque chose de très mathématique dans la façon où les instruments se répondent. Mais ces mathématiques doivent toujours partir d’une impulsion créative désordonnée, humaine. C’est de cette façon que l’on retrouve cette idée de confrontation mécanique et organique jusque dans les structures. Et puis il faut aussi que ça crache quoi.

4 chansons que vous écoutez en boucle ?
Nous sommes 4, on va vous donner une chanson chacun !
Aurélien : Creature Fear de Bon Iver.
Simon : Bros de Panda Bear.
Gwenael : Shadows de Warpaint. Boum.
François : Man We was lonely de McCartney, le break sonne comme à la maison.

Quels sont vos projets futurs ?
François : On enregistre en ce moment plusieurs morceaux histoire de sortir un premier EP d’ici quelques semaines.
Simon : Nous nous préparons aussi beaucoup pour les concerts et je crois que nous voulons tous rapidement vivre et faire vivre notre musique avec ce moyen.
Aurélien : Je pense que Simon a tout résumé simplement. On s’est fait plaisir en composant tous ces morceaux, et je pense qu’il est temps maintenant de les partager en concert car on ne demande que ça.
Gwenael: Passer mon permis.

Des dates de prévues pour des concerts ?
François : Courant mars / avril 2013, on vous le redit dès qu’on a la liste définitive ! Promis !

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