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La PreskITW : Yalta Club

Yalta Club vient de sortir son premier album. Yalta club, c’est de l’énergie à revendre, des refrains qui claquent et des instru qui se déchaînent avec furie sur 12 titres.

12 titres de pop ensoleillée qui cachent derrière la légèreté, une attention au monde, celui d’un club d’espiègles musiciens, prêt à en découdre avec le monde, se partageant les airs et les notes pour mieux fournir des mélodies à la dynamique addictive comme Wasting My time, Highly Branded ou plus douce comme Loser Song, souffle folk pop.

Rencontres avec ces joyeux drilles, petite communauté aux sons meelting-pot, aux cadences éclectiques et à l’énergie cosmique.


Pause Musicale : Avant vous étiez « Stoned Popes », pourquoi ce changement de nom en « Yalta Club » ? Correspond-il à d’autres changements plus profonds ?
Yalta Club : La formation du groupe a pas mal évolué ces dernières années. Quand Corinna a intégré le groupe il y a 3 ans, on a eu envie de dire, le groupe, ce sont ces 6 personnes-là avec une identité musicale qui leur est propre, et de l’acter avec un nouveau nom choisi par les 6 !

Vous semblez attentifs à la société et à l’histoire : des goodies à l’effigie de Churchill, un nom avec Yalta dedans, c’est vous ce mélange entre pop et politique, texte grinçant et mélodies légères ?
C’est nous ! C’est vrai qu’on aime bien brouiller les pistes avec des textes qui prennent parfois le contrepied des instrus très joyeuses… Mais on a aussi des textes plus légers, comme sur Dog Mansion ou Fireman’s comin’, qui abordent des sujets hautement politiques comme la problématique brûlante des hôtels pour chiens ou la vie sexuelle des pompiers…

[pullquote]On aime bien brouiller les pistes avec des textes qui prennent parfois le contrepied des instrus très joyeuses.[/pullquote]

La musique pour vous c’est avant tout collectif et une histoire de potes ?
Le côté collectif est essentiel pour nous, dans la composition mais aussi dans tous les autres aspects artistiques, comme les visuels, les vidéos, on a un fonctionnement très familial et démocratique, tout se décide à 6.

Chez Yalta, pour le fonctionnement, c’est la démocratie corinthienne ou la monarchie assumée ?
Démocratie corinthienne bien sûr ! Avec Socrates en 8…

Comment se passe la composition chez Yalta. Qui écrit ?
Tout le monde écrit ! On part d’une idée d’un des membres du groupe, et d’une première idée de direction artistique et on construit ensemble sur cette base. Les textes arrivent généralement dans un deuxième temps… La difficulté de l’exercice de composition collective est de toujours privilégier le morceau à l’ego ! Il faut savoir s’effacer pour se mettre au service de la chanson…

Votre EP Highly Branded était plus folk rock, votre album plus pop rock endiablée, pourquoi ce petite virage ?
L’idée était de faire un EP comme un vrai mini-album, avec une vraie cohérence, et de ne pas montrer à tout prix toute la diversité du Yalta Club sur 4 titres, on a donc choisi 4 morceaux dans une veine plus folk rock. Sur l’album, on pouvait se permettre d’explorer des ambiances différentes, en allant chercher des influences plus diverses, tout en présentant un vrai univers cohérent.

alt : Noomiz

[pullquote]Le côté collectif est essentiel pour nous, dans la composition mais aussi dans tous les autres aspects artistiques.[/pullquote]

Comment définissez-vous le son de Yalta Club ?
C’est avant tout un son très pop, avec beaucoup d’harmonies vocales et des riffs de guitare et arrangements très funs. A partir de cette base, on peut intégrer une multitude d’influences, rock, folk, island music, afro, en se demandant toujours : « est-ce que c’est nous ? ».

Généreux en sonorités, en énergie, en instruments, Yalta, c’est l’éclectisme et le groove pop contre la morosité ?
Si les gens repartent du concert – ou finissent l’écoute de l’album – avec le sourire, c’est gagné !

Vous êtes profondément optimistes ou vous combattez votre pessimisme en harmonies déjantées et en pop délurée ?
Un peu tout ça à la fois ! Quand on écrit ensemble, on va naturellement vers des ambiances musicales assez positives, mais certains textes montrent une face plus sombre du groupe, comme sur After, la ballade folk qui clôture l’album… On n’est pas forcément de grands optimistes, mais faire de la musique avec le Yalta Club est une bonne thérapie de groupe !

Votre album est très dansant, d’où le nom Club, pourtant la société de consommation et ses dérives semblent vous inspirer, vous êtes engagés ? Qu’est-ce qui vous révolte en ce moment ?
On préfère le terme « concernés », il n’y a rien de pire pour une cause qu’un artiste prétendument engagé qui la défend mal en public, donc on essaye d’être assez vigilants par rapport à ça.
Récemment, on a bien sûr été révoltés par les dérives homophobes ultra-violentes qui ont entouré le débat sur le mariage pour tous, mais il y a beaucoup d’autres raisons d’être révoltés !

C’est important pour vous, d’être signés sur un label indépendant ? Ça veut dire plus de liberté artistique ?
C’est essentiel. On est très fiers d’être signés chez Atmosphériques qui défend ses artistes, et qui se casse en deux pour développer les groupes sur le long terme, et nous laisse une liberté artistique totale, ce qui est très rare aujourd’hui. On aime le côté familial du label qui est assez proche de notre fonctionnement en tant que groupe. On n’est pas un groupe anonyme de plus dans une grosse machine, comme ça serait sûrement le cas dans une major…

Votre album est sorti le 24 juin, encore stressés ?
On est très heureux de pouvoir enfin présenter notre bébé. Le stress est derrière nous, on l’a vécu pendant l’enregistrement et la finalisation de l’album, mais maintenant on est dans une phase de pur plaisir, et on attend avec impatience de voir comment cet album va vivre et être reçu par le public…

[pullquote]Quand on écrit ensemble, on va naturellement vers des ambiances musicales assez positives, mais certains textes montrent une face plus sombre du groupe [/pullquote]

Qui a fait la pochette de votre album, déjà votre EP en avait une très graphique, vous les choisissez comme vos goodies ?
On a eu l’idée de reprendre la fameuse photo des accords de Yalta dès le début de l’existence du groupe. Pour mettre notre délire en forme, on a fait appel à Dimitri Simon qui avait bossé sur le 1er Ben l’Oncle Soul, et l’artwork a été réalisé par Appelle-moi Papa, un collectif de graphistes nantais hyper créatif et moderne. On adore leur travail. Ce sont eux qui ont fait tous les goodies du groupe, ça nous permet de présenter un univers visuel complet cohérent avec notre univers musical…

Sur cette album, vous ne vous refusez rien, des cuivres, des cordes, des sonorités mixant les influences, on dirait un festival de la bonne humeur, vous vouliez ça, un album dansant hors des sentiers conventionnels, loin de toutes étiquettes ?
On avait vraiment envie d’un album original, à notre image, et pas « à la manière de » même si on est bien sûr influencés par plein de groupes qu’on a écoutés, et que ça se ressent forcément dans l’album ! On a voulu un album à notre image, et tant pis si cette image n’est pas tendance !

Vous chantez en français sur Radioshow et Sunday It’s Alright, pourquoi ce choix sous forme de mélange entre anglais et français ?
Sur le titre Sunday i’ts alright, le texte est chanté par deux personnes qui n’arrivent pas à communiquer entre elles, le choix des deux langues permettait de souligner ce décalage. Sur Radioshow, on s’est amusés à traduire littéralement les noms de groupes anglo-saxons connus – Queen, The Doors, The Police – en français dans les couplets, il était donc naturel de boucler ces couplets par un refrain en anglais !

Vous avez travaillés avec Julien Trimoreau et Mark Plati, que vous ont-ils apportés ?
lls nous ont apporté énormément, nous ont poussée plus loin dans le travail d’enregistrement et de production. Ça nous permis de garder à la fois l’énergie du live, et de pousser à fond les morceaux en exploitant toutes les possibilités du studio en matière de quantité d’arrangements, de textures sonores…

Vous rêvez de travailler avec qui maintenant?
Avec Tarantino sur le clip de Golden boy, et Michel Gondry sur Wasting my time, en toute simplicité. Ils peuvent nous faire parvenir leurs CV et idées de scénarii à yaltaclubmusic@gmail.com

Vos influences semblent diverses : Cake et Pixies, pop chorale à la I’m From Barcelona et harmonies vocales classieuses comme les Beatles, the Kinks et Beach Boys de Brian Wilson, vous avez tous des influ différentes, comment réussissez-vous à les mixer ?
Au début de la composition d’un morceau on essaye de se mettre d’accord sur une direction artistique à donner au morceau, pour ne pas aller taper dans toutes nos influences en même temps et ne pas nous éparpiller.

On fait aussi attention à ne pas trop avoir en tête les morceaux des groupes qui nous influencent pendant les phases de compo pour ne pas faire de mauvais copier-coller, même si inconsciemment on les a en tête ! On commence vraiment à avoir une idée assez précise de l’identité sonore et musicale du Yalta Club, donc on se fait de plus en plus confiance sur la direction artistique des morceaux.

Quelle est votre chanson préférée sur cet album et pourquoi ?
Chaque membre du groupe pourrait répondre différemment à cette question, mais je pense que Fireman’s comin’ est la plus représentative.

C’est le meilleur souvenir de studio, un moment de création débridée, d’énergie totale, avec un vrai ping-pong d’idées entre tous les membres du groupe, Mark Plati et Julien Trimoreau. Du pur bonheur…

Vous terminez sur After, plus mélancolique, plus folk….Une invitation aux lendemains différents, au deuxième album ?
Après toute cette débauche d’énergie, on avait envie de finir sur une note plus douce, une accalmie pour sortir de l’écoute de l’album tout en douceur. C’est une chanson qui montre une facette plus pessimiste du groupe, plus désabusée, mais ça ne veut pas dire que le 2ème album sera 100% folk dépressif !

D’ailleurs, vous bossez déjà sur le deuxième ?. Si oui, il sera comment, résolument pop ou plus folk ?
On bosse déjà sur le deuxième, pour étaler au maximum la période de composition et éviter de se répéter. On va essayer d’aller explorer de nouveaux univers sonores tout en gardant ce qui fait la force du groupe, les harmonies de voix, les refrains pop, les riffs de guitare… On n’est pas encore prêts pour un album 100% dubstep !

Le dernier titre que vous avez écouté et qui vous a mis une claque, c’est ?
Fifteen Floors de Balthazar, ça n’est pas une nouveauté mais on l’a réécouté hier et c’est toujours aussi bon ! Sinon, tout le dernier album des Local Natives

Vous allez faire le tour des festivals cet été ?
Yes ! On a pas mal de dates prévues pour l’été, en France et en Allemagne, c’est notre première grosses saison estivale avec le groupe donc on est impatients !

26/07 FESTIVAL D’ÉTÉ – Valence
02/08 FESTIVAL ECAUSSYSTEME – Gignac
03/08 FESTIVAL D’ÉTÉ – Péniche Anako – Pantin
14/08 FESTIVAL MUSICALARUE – Luxey
15/08 FESTIVAL MUSICALARUE – Luxey
24/08 FESTÀ DEL TRAOUC – Bozouls
29/08 MOLOTOW BAR – Hamburg (Germany)
30/08 FRIEDENSFESTIVAL – Neuschoo (Germany)
31/08 STADTFEST – Oldenburg (Germany)
05/09 BERLIN MUSIC WEEK – Berlin (Germany)
21/09 LE CHAINON MANQUANT @ 6PAR4 – Laval
12/10 LA CAPRANIE – Ondres
17/10 MaMA FESTIVAL @ BACKSTAGE – Paris
24/10 INDRA – Hamburg (Germany)


Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire, courir les voir sur scène pour avoir la patate et vous procurer cet album pour enflammer votre été.

TrackList:
1. Wasting My Time
2. Fireman’s Comin’
3. What’s Comin’ After
4. Radioshow
5. Highly Branded
6. Loser Song
7. Money On My Mind
8. In A Meeting
9. Dog Mansion
10. Sunday, It’s Alright
11. Golden Boy
12. After

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