Un art qui réconcilie musique et image
Jean‑François Zygel, pianiste, compositeur et improvisateur, défend depuis des années le ciné‑concert comme un mode de lecture musicale du cinéma muet. À mi‑chemin entre composition et improvisation, cette pratique ne se contente pas d'accompagner les films : elle leur donne « une nouvelle vie », en modifiant la perception et l'interprétation des images.
Itinéraire d'un musicien au carrefour des scènes
Fort d'une carrière qui l'a mené de la Philharmonie de Paris à La Seine Musicale, en passant par des opéras et des festivals, Zygel a fait du piano son instrument‑pont entre le répertoire classique et le cinéma. Il a contribué à populariser le terme « ciné‑concert » lorsqu'il proposait au musée du Louvre une série intitulée « Cinéma muet en concert ». Ses collaborations avec la Cinémathèque française et la Fondation Jérôme Seydoux‑Pathé témoignent de son ancrage dans le réseau patrimonial qui préserve et diffuse le cinéma muet.
Improviser, mais préparer l'image
Si l'improvisation est au cœur de sa pratique, Zygel insiste sur la préparation : il apprend « presque par cœur, image par image » les films pour mieux dialoguer avec eux en direct. Cette posture crée un spectacle vivant qui renouvelle la projection, rendant l'expérience collective et immersive — un contrepoint marqué à l'ère des écrans individuels.
« Le fait qu'à chaque fois que je mets en musique un film, je lui donne une nouvelle vie, une nouvelle interprétation. »
Un pédagogue qui transmet un savoir spécifique
En plus de ses activités scéniques, Jean‑François Zygel a fondé la classe d'improvisation du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP). Là, il enseigne l'art du ciné‑concert et forme des musiciens à cet exercice exigeant : tenir le fil musical d'une projection, parfois durant plusieurs heures — il évoque l'exemple des Les Misérables d'Henri Fescourt qu'il improvise intégralement, une œuvre dont la durée peut atteindre 6h15 — et assurer la continuité dramatique et émotionnelle.
Pourquoi le ciné‑concert trouve son public
Pour Zygel, le succès du ciné‑concert s'explique par la dimension collective et festive du spectacle : il s'agit d'une communion entre image et son, d'un « frisson » partagé qui redonne au cinéma muet une place vivante dans la programmation contemporaine. Le format attire un public varié, des amateurs de cinéma patrimonial aux mélomanes curieux de nouvelles formes de concert.
Enjeux et perspectives
La pratique qu'il défend contribue à élargir les publics et à renouveler les écritures musicales liées au cinéma. Par son double engagement — scènes nationales et enseignement au plus haut niveau — Zygel participe à inscrire le ciné‑concert dans les programmations institutionnelles et à transmettre un savoir‑faire appelé à se diffuser chez une nouvelle génération de musiciens.
- Domaines : ciné‑concert, improvisation, pédagogie.
- Lieux cités : Philharmonie de Paris, La Seine Musicale, musée du Louvre, opéras, festivals.
- Institutions partenaires : Cinémathèque française, Fondation Jérôme Seydoux‑Pathé, CNSMDP.
| Rôle | Structure |
|---|---|
| Interprète/Improvisateur | Philharmonie de Paris, La Seine Musicale, opéras, festivals |
| Enseignant | Classe d'improvisation du CNSMDP |
| Collaborateur patrimonial | Cinémathèque française, Fondation Jérôme Seydoux‑Pathé |