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La Guerre – Violent [EP]

La Guerre – Violent [EP]

Jamais La Guerre n’a semblé si douce. Bercée par une cadence lente, la voix de Katlyn Conroy irrigue l’espace avec émotions, bordé par des vagues pop électro. Déjà auteur d’un premier EP The Three, la demoiselle vient de dévoiler son second intitulé Violent.

Ne vous fiez pas à son nom un peu guerrier, ni au titre de son album qui semble s’inscrire dans la violence du siècle, car derrière ce vocabulaire à la flèche et à la hache acerbes, se cache en fait un havre de paix loin des combats ordinaires. Ce 7 titres navigue en des contrées aux notes délicates, à l’âme sensible où la pérégrination est une douceur sans nom.

Là, la voix de Katlyn hante les boucles de claviers romantiques, où une mélodie décalée se déploie comme une boîte à musique trafiquée par les rêves ombrés et des désirs nuageux. Ici, résonne un folk pop empli de caresses irréversibles, de vagues au soulèvement irisé et de respirations en apesanteur, comme sur Chased. Alors la torpeur en échos et une cadence surannée et vintage se pâme aux milieux des harmonies limpides comme une source sauvage.

Les rivages de ces titres sont des notes en soupirs, formant des ballades touchantes portées par la voix de Katlyn Conroy, dans la lignée de Mazzy Star.  La promenade sur les terres de La Guerre ne sont pas des prises de territoires ou des interventions armées, mais des randonnées loin des guerres civiles où la pérégrination emporte par la valse des émotions comme sur Demonic.

Nul coup de poing tapis dans l’ombre, nul gifle à l’horizon, mais une étreinte floue et une silhouette formées d’harmonies douces comme sur Focus, poignante et infinie. Les mélodies sont ici délicieusement entêtantes, presque intemporelles comme si le temps se suspendait de lui-même, tendant l’oreille pour mieux se délecter de cette parenthèse enchantée. Alors Lovers Sway glisse tel un pas de danse solitaire, léger, où la mélancolie, en touches disparates, esquive une gravité trop coupante.

Les notes dansent sous des tempos singuliers et les harmonies planent comme sur Sorrow Song, laissant démuni face aux émotions défilant et nappant tout l’espace. Délicatesse des sens, La Guerre s’en va et vous perd sous des mélodies pleines de nostalgie, baignées par un calme serein, terminant Violent sur un espoir sombre intitulé I Will Find You. De là, le monde est à reconstruire.

Ici, la bataille est celle des sentiments, le combat un corps à corps sensuel, la lutte une note désarmée par la subtilité des harmonies, l’affrontement, un pas de deux avec la Guerre et son onirisme. Elle semble dire sur cet EP « A celui qui détruit tes rêves, déclare la guerre sans hésiter. »

La Guerre-Violent

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