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Leyla McCalla – Vari-Colored Songs

Leyla McCalla – Vari-Colored Songs

La nouvelle étoile du blues, c’est elle. Du haut de ces 28 ans, Leyla McCalla commence à se faire un nom. Il suffit d’entendre les commentaires dithyrambiques des spectateurs après ces concerts pour le comprendre. Pourtant rien ne vouait cette violoncelliste à la formation classique à jouer ce blues-folk si (re)marqué.

Rien ne la prédestinait à cela si ce n’est les hasards de la vie et la rencontre par bouquins interposés avec une figure tutélaire de la littérature afro-américaine, Langston Hughes.

Hughes est un des leaders du mouvement Harlem Renaissance, mouvement dont l’influence fût considérable sur des générations d’artistes. Ces poèmes d’une relative simplicité ont deux objectifs. Exalter la fierté d’une communauté noire encore opprimée et clamer son droit à vivre dignement sur cette terre d’adoption que représentent désormais les Etats-Unis.

Pour McCalla, qui a découvert le jazz dans les rues de la Nouvelle-Orléans et qui a appris à aimer cette ville, ces poèmes sont plus qu’évocateurs.

C’est dans ce centre névralgique de la musique noire, ville métisse par excellence que McCalla s’est découvert un héritage. Celui de ces origines haïtiennes dont le folklore irrigue NOLA. Se pose alors la question de la place de cette histoire dans sa musique et l’affirmation de cette identité. On retrouve ici le fil conducteur de toute l’œuvre d’Hughes.

Mettre en musique ces influences devenait alors une évidence

Accompagnée de son violoncelle ou d’un simple banjo, elle plante un décor coloré au sein duquel les mots d’Hughes trouvent leur juste place. Une toile sonore « So Louisiane » à l’accompagnement minimaliste mais tellement identifiable.

La formation classique de McCalla lui assurant une aisance technique certaine, c’est pourtant sur un terrain où on ne l’attendait pas qu’elle se révèle. Tout au long de l’album, c’est sa voix qui marque les esprits. Parfois sincère et habitée, comme lors du sombre mais néanmoins poignant Song for dark girl, elle vise juste sans donner l’impression de forcer.

Une voix qui devient envoutante lorsque McCalla interprète des chants traditionnels haïtiens comme Latibonit ou Messi Bondye. Ces morceaux raviront les amateurs de nouveauté sonore tant la musique haïtienne traditionnelle est rare. A l’écoute, on se demande bien pourquoi ?

C’est cette fraicheur qui rend ce Vari-Colored Songs très plaisant et qui fait de son auteur, une ambassadrice remarquée de son pays d’origine. A écouter et à voir sur scène de toute urgence…
leyla mc calla - vari-colored songs

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