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On y etait : Husky @ Le nouveau Casino + ITW

On y etait : Husky @ Le nouveau Casino + ITW

Husky, c’est Husky Gawenda au chant, aux textes et à la guitare, accompagné par son cousin Gideon Preiss au clavier/chant, Evan Tweedie à la basse et de Luke Collins à la batterie. Originaires de Melbourne, ils ont fait leur premier album tout seuls comme des grands avant de signer sur le très emblématique label Sub Pop qui ont été totalement séduits par eux. Mixé par Noam Georgeson (Devendra Banhart, Strokes, Joanna Newsom), l’opus Forever So est une pop classique aux confins du folk, intensément nourrie d’influences diverses.

Ici, les rythmes sont envoûtants, les paroles profondément imaginées font la part belle au temps qui passe et aux individus qui le traversent. Leur justesse et leur alchimie vous transportent dans leur univers, aux sommets d’une musique fiévreuse et rugueuse à la fois, douce et souple, habitée par la philosophie du groupe et par son âme profonde. C’est une musique aux tonalités chaudes, aux harmonies subtiles, où la tension et le calme se chevauchent jusqu’à ne devenir qu’un seul et même son, une véritable atmosphère accueillante et gracieuse.

Husky Gawenda possède une voix singulière, pleine de promesses qui balance entre une douceur à la Don McLean et un enivrant timbre éraillé dans la lignée de Leonard Cohen masquant mal les fêlures mêlées de joie. Là, les facettes sont multiples, l’enjouement, la tension sous-jacente et une nostalgie diffuse se mêlent faisant de Husky, un groupe merveilleusement profond et complexe.[pullquote]Triple J Unearthed nous a ouvert énormément de portes.[/pullquote]

Nous les avons rencontrés avant leur concert, ce sont des gars passionnés et disponibles, que l’humilité habite tout comme la passion pour la musique. En live, ils sont encore meilleurs, plus intenses, tout simplement jubilatoires.

Gideon reconnait qu’ils n’ont  jamais pensés que l’album serait enregistré et distribué à l’international. Lorsqu’ils ont fait leur album en 2011, ils l’ont fait par eux-même : »Nous avons construits un minuscule studio dans la maison de Husky, et on espérait l’enregistrer en Australie et y faire des tournées, mais nous nous attendions pas à cela et surtout si vite à parcourir le monde. »
Pour Ewan,  » Tout a commencé lorsqu’ils ont gagnés Triple J Unearthed« . Husky ajoute « C’est un grand truc en Australie pour des groupes inconnus. C’est une radio indépendante, et un site internet qui organise une compétition musicale. Si vous la gagnez, vous pouvez passer à la radio et être exposés. Nous avions fait notre disque tout seuls mais nous n’avions pas de promo, ni d’exposition médiatique. Lorsque nous avons gagné cette compétition, nous sommes passés à la radio dans tout le pays et d’un coup beaucoup de gens entendaient nos chansons. Cela nous a ouvert énormément de portes ».

La première fois qu’ils se sont entendus à la radio, ils avouent comme Gideon que « C’était fantastique, mais qu’ils avaient bossés durs pour cet album, pour en arriver à cela, c’est excitant ». Husky ajoute « Si vous êtes musiciens comme nous, depuis presque toute votre vie, vous rêvez de cela quand vous êtes jeunes » Ewan précise, un sourire en coin, « lorsque cela t’arrive, tu appelles ta mère ». Husky insiste dessus « la première fois, effectivement tu appelles ta mère car c’est la plus fière de vous. »

Pour eux, notamment pour Husky, « Faire un album, ou tout simplement pour créer quelque chose artistiquement, il faut avoir du courage, et il faut être préparer à puiser profondément en toi pour le faire. Le principal étant l’honnêteté. C’est cela qui nécessite du courage, créer un album très bon et plein de sens pour tout le monde et d’abord pour toi-même, où tu dois trouver le moyen d’être honnête. Il parle d’honnêté car « Il faut savoir se remettre en cause, se confronter à soi et mettre de soi dans quelquechose que plein d’inconnus vont entendre. Pour moi, c’est une démarche profondément personnelle de faire un album. Puis vous passez à la radio et êtes sur scène et c’est une confrontation à laquelle il faut s’habituer ».

Dans Forever So, il y a une  grande importance accordée aux paroles et les quatre musiciens semblent tous liés à la littérature. Husky avoue  » j’ai grandi entouré de mon père écrivain et de ma mère prof de littérature et de français. » Il ne parle pas le français et s’en excuse. En revanche, il a lu de la littérature française, « notamment Camus et Sartre ». « J’ai lu énormément quand j’étais petit, de la littérature et de la poésie. Donc oui, cela influence la manière dont j’écris les paroles ».

Husky, c’est un mélange de tempêtes énergiques et de calme. Ils avouent être comme cela dans la vie aussi. Ewan Tweedie précise « Effectivement, on oscille entre la tranquillité et l’agitation un peu folle ». Pour Gideon Preiss « Les individus sont compliqués et ont tout un tas d’émotions et de sentiments contradictoires et souvent ils ne peuvent exprimer les deux en même temps. Cet album est cela, il retranscrit exactement cet état et c’est sans doute pour cela que beaucoup de gens y sont connectés ».

Il est vrai qu’ils ont l’art et la manière de transmettre leur état d’âme simplement et de la transcrire en musique. Chaque chanson trouve une résonance pour celui qui l’écoute comme The Woods, Forever So ou encore Dark Sea. Leur folk indie est ombrageux et incandescent, bordé par une sérénité bienheureuse. Les paroles également abordent des thèmes particuliers comme le temps, les rapports aux individus et les traces qu’ils laissent, de manière touchante, sans nostalgie extrême avec une délicatesse toute simple et sincère.

Husky précise « Pour nous, c’est important l’individu et sa vie. Que ce soit sa vie présente et son passé et ce qu’il en reste. Les gens disparaissent comme les faits passés s’évaporent, mais restent avec vous, vous changent et laissent une empreinte sur vous. Ce n’est pas une bonne chose de vivre dans le passé, mais c’est important d’y songer et quelque fois de revisiter votre passé. C’est vrai, cet album fait cela, parle du passé, de ce qu’on nous avons perdu et du possible future ».[pullquote]Sub Pop nous aide à faire exactement ce que nous voulons faire[/pullquote]

Noam Georgeson leur a apporté énormément de choses. Gideon explique « Nous sommes allés à Los Angeles pendant deux semaines pour mixer l’album avec lui. Nous adorions son travail avec Devendra Banhart et Joanna Newsom. Mais nous l’avions jamais rencontrés. Nous ne savions donc pas à quoi nous attendre en tant que personne et comment allait se passer nos relations de travail. Ce que nous avons trouvé c’est un mec extraordinaire avec qui il est magnifique de bosser. Il possède une âme sensible. C’est un excellent ingénieur du son et un mixeur hors pair. Il a apporté énormément au produit fini et nous sommes vraiment très heureux du résultat ».

En ce qui concerne le fait d’être signés sur Sub Pop et d’être les premiers australiens sur ce label, cela les motive et les honore pour travailler encore plus et être encore meilleurs. Husky précise « Ils ne veulent pas vous contrôler artistiquement, mais vous aident à faire exactement ce que vous voulez faire ».[pullquote]Je rêve de co-écrire une chanson avec Léonard Cohen[/pullquote]

Quant à leurs influences multiples, elles ne se ressentent pas seulement dans leur musique. A là question, « avec qui rêveriez vous de jouer mort ou vivant ? », les réponses sont diverses et renseignent un peu plus sur leur caractère atypique. Pour Husky et Ewan, « Sebastien Bach aux claviers et on lui apprendrait le reggae ». Gideon lui voudrait jouer avec Bob Dylan. Pour Husky, ce serait « co-écrire une chanson avec Léonard Cohen ».

En ce moment, leur playlist est singulière : Husky est le premier à répondre « Le dernier album de Beck et celui de Léonard Cohen ». Ewan écoute You steel believe in de The Beach Boys et du tango. Gideon, quant à lui, écoute Time after Time de Chet Baker.

Vient le temps, où il faut les laisser s’en aller, histoire qu’ils se préparent à leur concert du soir. De belles personnes, talentueuses en plus.


Mercredi 26 septembre au Nouveau Casino, ils ont commencés doucement avec Tidal Wave, un peu timidement, car Paris leur tenait à coeur « c’est notre premier show à nous et nous sommes très excités de jouer ici »avoue Husky avant le concert.

Devant une salle légèrement froide, ils ont su peu à peu la captiver et la rendre chaude et attentive. Tout leur album a été joué et vécu en live, divinement bien.

Au gré de leur chansons, les applaudissements se sont fait plus soutenus, l’échange plus vif et ils ont su faire adopter leur musique et la partager. Leurs chants se marient parfaitement à leur mélodies, et la version Lover Lover Lover de Leonard Cohen effectuée presque a cappella force le respect et invite à la transe.

Les chansons se sont enchaînées agréablement. Jamais à court d’énergie, Husky crée le rythme, envoie valser les convenances et s’installe doucement mais surement. Ils feront un rappel, avec grâce et générosité avec Don’t Tell Your Mother. Sur scène, ils sont bons et appartiennent déjà au groupe des grands.

1 comment

  1. Schattra says:

    Bon réflexe d’avoir enregistré la cover de Cohen! Le meilleur moment du concert à mon avis (ces harmonies vocales… o_O) .

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