Patrick Bruel étend son emprise sur le paysage provençal. Installé au cœur du Domaine de Leos, acquis dans les années 2000 à L’Isle‑sur‑la‑Sorgue, l’artiste a confié la réalisation d’un projet hôtelier qui se veut à la fois luxueux et profondément ancré dans le patrimoine local. Baptisé L’Isle de Leos et intégré à la collection MGallery, l’établissement occupe les ruines d’une scierie du XIXe siècle réhabilitée pour l’occasion.
Un lieu pensé comme une place de village
Les concepteurs ont voulu éviter l’ambiance standardisée d’un palace pour privilégier celle d’un « salon de curiosités à ciel ouvert », selon le magazine Yonder. L’architecture a été pilotée par le cabinet Rougerie+Tangram, sous la vigilance des Bâtiments de France, tandis que la décoration a été confiée à Jean‑Philippe Nuel avec la participation active du propriétaire.
« aux allures de place de village »
Dès l’entrée, une installation appelée L’Âme de la Provence — une œuvre de huit mètres composée de tuiles et de roues rappelant les presses à olives anciennes — pose le ton. Sous la verrière, le bar ovale nommé Nègo Chin évoque les embarcations de la Sorgue. Une cheminée provençale, chinée à Apt, vient séparer un petit salon‑bibliothèque d’une cave vitrée où sont présentées les bouteilles du domaine.
Un concept hybride : hôtel, cave et lieu d’exposition
L’ensemble cherche à faire dialoguer hôtellerie de standing et célébration des savoir‑faire locaux. Le lobby a été conçu pour ressembler à une place de village, multipliant les coins permettant de lire, boire un verre ou simplement s’y installer. Cette mise en scène intérieure se prolonge à l’extérieur par un jardin calme équipé d’une piscine.
- Réhabilitation d’une scierie du XIXe siècle
- Intégration à la collection MGallery
- Décoration signée Jean‑Philippe Nuel, architecture Rougerie+Tangram
- Exposition de plus de 400 œuvres selon le magazine
- Jardin et piscine en continuité avec la place intérieure
Un écrin pour le vin et l’olivier du domaine
Le Domaine de Leos n’est pas qu’un hôtel : c’est aussi la propriété où Patrick Bruel produit de l’huile d’olive et, désormais, du vin. La cave vitrée de l’hôtel permet aux visiteurs de découvrir ces productions sur place, au cœur d’un décor qui multiplie les références régionales. L’idée affichée est de créer un lieu où l’on peut « se rafraîchir entre deux visites aux antiquaires », l’établissement se trouvant au centre d’une ville réputée pour ses boutiques d’objets anciens.
| Caractéristique | Élément |
|---|---|
| Nom | L’Isle de Leos |
| Collection | MGallery |
| Architecture | Rougerie+Tangram |
| Décoration | Jean‑Philippe Nuel |
| Œuvres exposées | Plus de 400 (selon Yonder) |
Un projet aux accents culturels et touristiques
Plus qu’un hôtel, L’Isle de Leos vise à être une halte culturelle dans une ville touristique. En mêlant mobilier chiné, références locales et œuvres d’art, le lieu mise sur une atmosphère de promenade plutôt que sur la seule consommation hôtelière. La présence d’une cave destinée aux productions du domaine renforce cette ambition : il s’agit d’un espace où l’offre œnologique et gastronomique prolonge l’identité du terroir.
Ce projet s’inscrit dans une logique déjà éprouvée : Patrick Bruel transforme depuis deux décennies son attachement à la Provence en investissements immobiliers et agricoles, du vignoble à la production d’huile d’olive. Avec L’Isle de Leos, il propose désormais un écrin qui fédère ces activités au sein d’un même ensemble, assumant une image de mécène‑entrepreneur qui dépasse son seul statut d’interprète.
Reste que cet établissement arrive dans un contexte médiatique où la vie privée et les controverses entourant son propriétaire ont occupé une large place dans l’actualité. Le projet hôtelier, ouvert au public et intégré à une collection hôtelière reconnue, interroge désormais autant son ancrage patrimonial que sa réception locale et nationale.