Un quart de siècle affirmé pour un festival dédié à Liszt
Les Lisztomanias ont fêté leur 25ᵉ édition à Châteauroux dans une édition placée sous le signe du romantisme et du souvenir : la programmation faisait écho au 150ᵉ anniversaire de la mort de George Sand, personnalité à laquelle Franz Liszt fut lié. L’événement, né de l’obsession de son fondateur, s’est imposé depuis 2002 comme une manifestation de référence pour la redécouverte et l’interprétation du répertoire romantique.
La fréquentation au concert de l’Orchestre Consuelo, dirigé par Victor Julien‑Laferrière, a souligné la place conquise par le festival : la salle de L’Équinoxe affichait complet, témoignant d’un public fidèle et d’un attrait renouvelé pour ces répertoires souvent considérés comme exigeants.
Des solistes au service d’une énergie romantique
Parmi les moments forts, la présence d’Alexandre Kantorow — pianiste qui déplace les foules — a constitué un point d’orgue. Son interprétation du Concerto pour piano n°2 de Rachmaninov a été décrite comme d’une précision acérée et d’une fièvre rare : virtuosité, tension dramatique et souffle chantant ont dessiné une exécution intense et riskée, marquant durablement la soirée.
Au programme orchestral, les pages de Liszt n’ont pas été oubliées : Les Préludes et Tasso, Lamento e Trionfo ont permis d’admirer la cohésion de l’orchestre et la tenue d’une direction capable de maintenir l’attention du public tout au long de partitions souvent ambitieuses.
Audace et urgence : une transcription wagnérienne en bis
En rappel, Kantorow a choisi une transcription de Wagner par Liszt, La Mort d’Isolde, offrant une lecture audacieuse et sensuelle de la page. Ce bis, exalté par une urgence interprétative, a servi de contrepoint à des versions plus mesurées, révélant comment la transcription permet aux pianistes romantiques de redonner une nouvelle couleur à des œuvres du grand répertoire.
La scène jeune talent révélée
Le festival sert également de tremplin pour les générations montantes. À cet égard, Lucas Bischoff, âgé de vingt‑trois ans, figurait parmi les découvertes : ancien élève de Jonas Vitaud et de Claire‑Marie Le Guay au CNSM, il poursuit désormais sa formation en Suède et incarne ce renouvellement de la scène pianistique.
- Direction artistique : Jean‑Yves Clément, fondateur de l’édition de 2002.
- Solistes remarqués : Alexandre Kantorow, Bertrand Chamayou, Lucas Bischoff.
- Orchestre : Orchestre Consuelo, direction Victor Julien‑Laferrière.
Conséquences et portée
Cette édition confirme la capacité des Lisztomanias à attirer des interprètes de premier plan tout en maintenant une politique de détection des jeunes talents. À l’échelle nationale, le fait que des artistes comme Kantorow proposent des lectures osées de grands concertos — au risque de heurter les attentes consensuelles — contribue à ranimer le goût pour des programmations ambitieuses dans les saisons françaises. Pour le public, c’est la preuve que les festivals consacrés au patrimoine romantique restent des lieux d’expérimentation et de découverte.
| Élément | Fait notable |
|---|---|
| Année de fondation | 2002 |
| Édition | 25ᵉ |
| Hommage | 150ᵉ anniversaire de la mort de George Sand |
Au‑delà des soirées saluées pour leur intensité, les Lisztomanias perpétuent un travail de long terme : insister sur Liszt et son cercle, favoriser des rencontres entre chefs, solistes et jeunes musiciens, et offrir au public des expériences musicales où la passion et la rigueur se répondent.